Quels aménagements sous le métro aérien des villes de demain ?

21 Juil 2016

Vous l’aurez peut-être remarqué : les oubliés de la ville c’est notre dada. Aujourd’hui, on s’éloigne de l’innovation numérique dans les villes africaines et de la pratique du groundhopping pour s’intéresser à un autre élément urbain méconnu, celui de l’aménagement des « dessous » du métro aérien. Voici un florilège d’exemples pour renouveler ces morceaux de ville peu exploités…

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Des rails célestes pour une urbanité en apesanteur – Crédits concep007 sur Flickr

Millefeuille urbain : la ville à tous les niveaux

Un certain nombre de villes du globe sont dotées de réseaux de chemin de fer métropolitain. La plupart d’entre eux sont souterrains, mais ils cohabitent parfois avec des lignes visibles, aménagées en hauteur. Une ligne de chemin de fer aérienne possède ainsi des « voies construites au-dessus du niveau des rues, sur des structures ou viaducs en acier, en béton ou en briques ». Dès lors, les cités pourvues d’un métro suspendu sont généralement reconnaissables par ce choix urbanistique très marqué. Pour n’en citer que quelques-unes, les métropoles les plus connues qui s’en sont dotées sont New York, Chicago, Los Angeles, Berlin, Paris, Tokyo ou encore Bangkok.

Vue du dessus, la ville est toujours plus étendue, plus belle et on ne se lassera jamais de la contempler du haut de ces belvédères sur rails. Les voyages en métro aérien possèdent ainsi ce charme que les galeries souterraines n’ont pas… Mais qu’en est-il de ces équipements lorsqu’on les côtoie à même la rue, du point de vue piéton, cycliste ou automobiliste ? Doit-on spécifiquement agencer ces espaces urbains couverts pour les rendre plus attractifs ?

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Sous les jupes du métro : la vie urbaine de toutes les couleurs – Crédits June Marie sur Flickr

L’état de l’art aux pieds du métro suspendu

Les avantages de ces constructions sont notables. D’une part, elles créent d’immenses espaces publics couverts mais communicants avec la ville – ce qui est assez rare en dehors des kiosques et autres abribus. D’autre part, elles sont bien souvent le résultat d’un travail architectural ancien, précieux et plutôt joli à regarder (dans le cas de Paris et New York, notamment).

En revanche ces structures ont aussi des travers, incarnés principalement par leur exposition au bruit et à la pollution. Baladez-vous sous une ligne de chemin de fer surélevée et vous entendrez vrombir le train qui passe au-dessus de votre tête, autant que les klaxons des voitures bouchonnant aux alentours… De fait, ces lieux hybrides sont avant tout des voies de passage (motorisés ou non, selon le plan urbanistique mis en place) au fort potentiel d’urbanités sous-exploité.

Sous les lignes aériennes, l’innovation ?

Derrière ce potentiel de reconquête d’un espace peu mis en valeur, quelques réappropriations spontanées ou aménagements astucieux se dessinent.

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Le bal du 14 juillet à Paris en carte postale (1910)

Parfois, les dessous du métro aérien servent d’asile aux plus démunis – personnes réfugiées, vendeurs à la sauvette, et plus généralement aux personnes sans logis. De temps à autres, ils servent d’abris éphémères aux passants, le temps d’une averse. D’autres fois encore, ces solides structures accueillent un événement temporaire tel qu’une fête foraine, un vide-grenier ou un marché. Dans ces deux derniers cas, les pieds du métro suspendu se changent en véritables halles ouvertes sur la ville…

Mais certaines municipalités savent également dynamiser ces espaces pour un temps plus long, en y installant des lieux d’activité attrayants pour les citadins. L’un des burgers berlinois les plus réputés se cache ainsi entre les jambes du U-Bahn au cœur de Kreuzberg. La ligne 6 du métro parisien abrite quant à elle deux terrains de sport et un skate parc. Et la ville de Vienne dissimule sous son métro l’un des quartiers les plus branchés pour sortir la nuit…

A côté de ces quelques cas de figure enthousiasmants, des kilomètres d’asphalte et de terre-pleins restent sombres, mornes et sous-exploités dans ces villes où les flux se superposent. Récemment, c’est le métro de la capitale nippone qui innovait en installant sous ses voies des fermes hydroponiques. Nommé “Tokyo Salad”, le projet sera ainsi testé pendant les deux prochaines années sous l’une des stations de métro afin de juger si ce potager urbain peut être étendu à d’autres arrêts desservant la capitale.

Et vous, quels types d’aménagements souhaiteriez-vous voir fleurir sous les pieds du métro aérien ?

Pour aller plus loin :

  • Espaces publics sous le métro aérien, entre Barbès et Stalingrad, Atelier parisien d’urbanisme, 2015
  • Projet de pistes cyclables sous le métro aérien berlinois, projet Radbahn, 2015
  • Un projet paysager sous le métro aérien à Lille, sur AxeCulture, 2016
[pop-up] urbain

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