Tourisme durable : comment les collectivités peuvent-elles accélérer ?

11 Jan 2022 | Lecture 3 min

Au fur et à mesure que les préoccupations environnementales progressent dans la population, de nouveaux touristes font leur apparition et représentent un certain avenir pour la filière. Un sujet important pour de nombreuses collectivités qui auront à cœur de capter ces éco-touristes.

Le tourisme n’a pas toujours été au centre de nos préoccupations. Pourtant c’est aujourd’hui un secteur d’activité majeur de l’économie mondiale. De très nombreuses villes, régions et pays vivent d’ailleurs essentiellement du tourisme. En 2019, 1,5 milliards de touristes internationaux ont ainsi parcouru le monde. Un nombre qui a plus que doublé en seulement 15 ans et qui poursuit sa progression. Malgré la crise sanitaire et l’essor des préoccupations environnementales au sein de la population mondiale, l’Organisation mondiale du tourisme continue d’estimer à 1,8 milliards le nombre de touristes internationaux en 2030.

La France figure évidemment en bonne position sur ce sujet puisque nous sommes l’un des principaux pays à bénéficier de ce tourisme de masse. Apparu sur le territoire à partir de 1936 et la mise en œuvre des congés payés par le Front Populaire ; développé dans les années 1950 grâce à la voiture et au train, et après avec l’essor du tourisme international grâce à l’avion, le secteur du tourisme représente désormais 8% du PIB national et plus de 2 millions d’emplois.

Oui mais voilà que le tourisme révèle aussi sa face cachée : en 2018, le secteur était responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Un chiffre considérable. À pondérer cependant car une bonne partie de ces émissions sont liées au transport, et en particulier à l’avion. C’est d’ailleurs sur ce sujet que se porte l’essentiel de la réflexion pour comprendre comment faire baisser les émissions de gaz à effet de serre du tourisme : accélérer la transition vers des transports à faible émission de CO2. Mais d’autres facteurs rentrent également en compte sur ce sujet : protection de la biodiversité et des écosystèmes, alimentation locale et bio, réduction de l’artificialisation des terres, etc.

En parallèle, une nouvelle génération de touristes est aussi en train d’émerger. Une génération qui cherche justement à aligner ses préoccupations environnementales sur ses loisirs. L’éco-touriste est en marche et les collectivités disposent de leviers pour aider leurs territoires à capter cette nouvelle catégorie de vacanciers.

Collaborer avec les restaurateurs et hôteliers est essentiel pour développer l’éco-tourisme - photo : Quark Studio sur Pexels

Collaborer avec les restaurateurs et hôteliers est essentiel pour développer l’éco-tourisme – photo : Quark Studio sur Pexels

Affichage environnemental, écolabel, label pavillon bleu : les outils sont là !

Il existe de nombreux termes pour parler du tourisme durable : éco-tourisme, tourisme soutenable, tourisme équitable, responsable ou encore tourisme vert. D’après l’organisation internationale du tourisme, il s’agit “d’un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil”.

En d’autres termes, il s’agit donc donc de réduire ses externalités en matière de transport, alimentation, logement et déchets. Et sur ces points, les collectivités ont des atouts à faire valoir pour soutenir cette nouvelle façon de voir le tourisme. Des atouts qui sont liés, par exemple, à l’affichage environnemental ou encore l’écolabel pour les cafés-hôtels-restaurants. Depuis 2020, 156 hôtels français ont ainsi décidé d’utiliser cet affichage environnemental. Il fonctionne avec une note comprise entre A et E (A étant la meilleure note) qui est attribuée à l’hôtel en fonction de quatre indicateurs environnementaux : impact sur le climat, consommation d’eau, consommation d’énergie et ​​part des produits bio ou éco labellisés dans les approvisionnements de l’hôtel. Depuis 2020, 156 hôtels français ont ainsi décidé d’utiliser cet affichage environnemental. Ils étaient 104 en 2018. La Corse se détache largement au classement, devant la ville de Paris et les départements de l’Aube et de Loire-Atlantique.

Même chose pour le label Pavillon bleu, qui valorise les communes et les ports de plaisance qui mènent une politique de développement touristique durable. Il garantit par exemple la mise à disposition d’un certain nombre d’équipements permettant de minimiser les impacts de la fréquentation touristique (poubelles de tri, sanitaires…). Les ports de plaisance labellisés sont quant à eux des lieux où les plaisanciers ont accès à des aires de carénage sans rejets dans le milieu naturel, des systèmes de récupération des eaux usées des bateaux mais aussi à des zones de récupération des déchets spéciaux. En 2021, 410 plages, 196 communes et 115 ports français maritimes, fluviaux ou lacustres ont été labellisés en métropole et outre-mer.

développer des itinéraires de randonnées est un levier pour favoriser l’éco-tourisme. Photo : Krivec Alès sur Pexels

Développer des itinéraires de randonnées est un levier pour favoriser l’éco-tourisme. Photo : Krivec Alès sur Pexels

Le transport, un essentiel pour le tourisme durable

Les collectivités ont évidemment un rôle à jouer pour faire connaître ces outils sur leurs territoires et pour faciliter la mise en relation entre les acteurs locaux. Le rôle des collectivités peut aussi être financier ou technique, pour accompagner les organismes concernés à obtenir ces labels. De la même manière que les communes peuvent agir pour sensibiliser leurs administrés et les touristes sur les bonnes pratiques environnementales.

Un autre levier d’action, et probablement le plus important de tous, c’est le développement d’une offre de mobilités douces et bas-carbone en lien avec le tourisme : faciliter l’accès pour se rendre sur le territoire par les transports en commun, mais aussi pour naviguer d’un site à un autre à l’intérieur du territoire. Cela passe aussi par la création de circuits touristiques sans voiture, de services de mobilité en particulier pour le “dernier kilomètre” en lien avec les hébergements (navettes, partenariats hébergeur/services de location de vélo…).

Enfin, ne pas oublier non plus que le tourisme c’est aussi la randonnée. D’ailleurs, dans ses recommandations aux collectivités, l’Ademe suggère notamment “d’identifier et remettre en état, ou développer les circuits de randonnée pédestres et cyclables touristiques sur le territoire” comme un véritable levier pour le tourisme durable. On peut prendre exemple ici sur les travaux réalisés par les régions Pays de la Loire et Centre-Val de Loire avec la véloroute le long de la Loire qui est l’une des plus fréquentée d’Europe. En France, le marché du vélotourisme se chiffre aujourd’hui à 5,1 milliards d’euros par an, ce qui fait de la France la seconde nation européenne – derrière l’Allemagne – en matière de tourisme à vélo.

Vidéo Comment le surtourisme a tué nos villes ?

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