Cité ouvrière de Bataville : suivez le guide avec l’Université Foraine

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25 Oct 2016

L’Université Foraine lève les voiles après une année de réflexion et de réunions publiques autour de l’avenir de Bataville. Retour sur ses engagements et sur l’utopie d’une cité ouvrière emblématique du Grand Est.

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Bataville © L’Université Foraine

L’Université Foraine se définit selon son manifeste comme une « université-auberge espagnole où sont mis sur le même plan les savoirs abstraits, académiques, et les savoirs concrets, les savoir-faire ». Cette université itinérante, sur la route depuis 2012, a fait étape il y a un an à Bataville en Moselle. Margaux Milhade, diplômée de l’école d’architecture de Nantes, est arrivée en novembre 2015 à Bataville en vue de faire émerger un projet de reconversion du site. « C’est en vivant au sein même de Bataville que je pourrai appréhender les problématiques de transport, d’urbanisme, d’environnement, les besoins en services, en infrastructures, et surtout connaître les attentes des habitants et des acteurs économiques et politiques locaux », déclarait-elle alors.

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Margaux Milhade

« Une cité pensée comme une micro-société »

L’Université Foraine livre aujourd’hui un « Plan Guide » pour envisager le futur de Bataville, avec à la clef « la liberté d’inventer de nouveaux modèles de société ». 350 personnes vivent toujours dans la cité ouvrière des chaussures Bata, « une pépite de brique rouge » qui a vu son destin bouleversé en 2001 après la fermeture de l’usine. Construite dans les années 30 par des architectes tchèques, elle avait été « pensée comme une micro-société » d’après Margaux Milhade. Cette dernière recommande entre autres l’implantation d’une micro-brasserie, d’un fab-lab ou des résidences d’artistes sur ce site classé aux Monuments historiques et intégré depuis 2011 au parc naturel régional de Lorraine.

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architecture Bata © Jean-Christophe Verhaegen _ AFP

« L’architecture est l’affaire de tous »

« Comment donner envie de revenir travailler là ? Comment s’organiser pour accueillir de nouvelles activités ? Et si Bataville se faisait pionnière du travailler autrement, du faire autrement, de la réinvention ? » Ces questions ont nourri la réflexion de l’Université Foraine durant une année. La démarche, portée par Notre Atelier Commun, l’agence d’urbanisme fondée par le constructeur et scénographe Patrick Bouchain en 1999, défend l’idée de construire autrement. Pour Patrick Bouchain, « l’architecture n’est pas qu’affaires de spécialistes ou de techniciens. Elle est l’affaire de tous ».

« Imaginer l’utopie de demain »

Pour Patrick Bouchain, « il faut habiter pour comprendre, agir pour faire émerger les mille potentiels d’un site et partager pour se poser les bonnes questions », d’où la présence de Margaux Milhade sur une année. Le potentiel de Bataville n’avait pas échappé à l’architecte Loïc Julienne, membre également de Notre Atelier Commun. « Tout est né d’une utopie, d’un rapport rêvé de l’homme à son travail et à son environnement. Ici, il y avait l’usine, les logements, les commerces et loisirs, et même la ferme de Hellocourt chargée de nourrir tout le monde. Mais quand l’utopie s’effondre, quand l’usine ferme, il n’y a plus rien. Nous voudrions faire renaître l’utopie, tout du moins imaginer celle de demain. »

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Faire ville © L’Université Foraine

Redynamiser les espaces urbains laissés à l’abandon

L’Université Foraine intervient pour saisir « des problématiques urbaines d’intérêt général et les arracher au désintérêt généralisé. Forain désigne le partage d’un territoire au moment où l’on y tient une activité. L’activité foraine occupe temporairement un territoire commun, pour le restituer ensuite à d’autres occupants. »  L’objectif est de redynamiser les espaces urbains laissés à l’abandon. L’ancienne faculté dentaire à Rennes, la ZUP de la Gauthière à Clermont-Ferrand ou le centre de tri postal à Avignon ont pu retrouver une nouvelle vie après le passage de l’Université Foraine.

Faire des pieds et des mains 

La sauvegarde du paysage, la rénovation énergétique des bâtiments ou la mise en place de l’économie circulaire dans la région sont autant d’enjeux qui ont été abordés lors de la permanence de l’Université Foraine. Le journal de bord donne le détail des actions menées de septembre 2015 à septembre 2016. Le « Plan Guide », intitulé « Faire des pieds et des mains »,  livre toutes les informations techniques pour faire revivre concrètement l’utopie de Bataville.

 

 

Pour en savoir plus sur les activités de l’Université Foraine, c’est ici !

Consulter le Plan Guide 

En savoir plus sur Bataville :

A lire : Chausser les hommes qui vont pieds nus. Bata-Hellocourt, 19312001, d’Alain Gatti, 2004, éd. Serpenoise, 720 p., 40 €.

A voir : Bienvenue à Bataville, de François Caillat (2008). Bientôt disponible en DVD.

Usbek & Rica
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