Cités futuristes : les projets les plus fous (1/2)

28 Oct 2013

Elles sont vertes, intelligentes et coûtent des dizaines de milliards de dollars. Surgies de nulle part, ces villes nouvelles se voient comme des modèles de l’urbanisme de demain. Certains projets ont déjà tourné court, quand les autres commencent tout juste à sortir de terre. Tour du monde des chantiers urbains les plus ambitieux.

Songdo, la smart city en kit

Le grand parc de Songdo s’inspire du Central Park new-yorkais.
© HunkinElvis / Wikimedia

On connaissait la maison en kit, voici maintenant la ville en kit. En 2003, Songdo City n’existait pas. À la place s’étalaient les flots bleus de la mer de Chine. Dix ans plus tard, la ville nouvelle s’étend sur 53 km2, à seulement 20 minutes de l’aéroport international d’Incheon. Songdo a su se « marketer » comme le modèle asiatique de la cité ubiquitaire ultraconnectée et ultrasécurisée du futur : ses immeubles sont couverts de milliers de caméras, ses bâtiments sont équipés de lecteurs de plaques d’immatriculation et les feux de circulation y sont habillés de capteurs. Autant d’équipements « intelligents » qui produisent des données traitées en temps réel et mises au service des habitants. Songdo met aussi l’accent sur l’écologie : les espaces verts couvrent 40% de la surface de la ville et un système de tuyauterie numérique permet de connaître en temps réel la consommation énergétique de son immeuble. Quant aux déchets domestiques, ils sont aspirés vers une usine de combustion qui produit de la chaleur pour réchauffer l’air et l’eau des immeubles en hiver. Cette utopie écolo-numérique a coûté la bagatelle de 30 milliards de dollars. Mais l’investissement sera bientôt rentable puisque la ville en kit imaginée par le géant immobilier américain Gale s’exporte déjà en Asie, du Kazakhstan (Konyankus) jusqu’au Vietnam (Splendora).

Située sur une île, la ville nouvelle de Songdo est reliée à l’aéroport international d’Incheon par un pont.
© User:G43 / Wikimedia

Masdar City, capitale mondiale des énergies renouvelables

La ville nouvelle de Masdar a été dessinée par l’agence d’architecture de Norman Foster.
© Forgemind ArchiMedia / Flickr

« Pourquoi un État pétrolier peut-il bien vouloir ériger au milieu du désert une métropole écologique fonctionnant à l’énergie solaire ? Pour changer le monde. » Si l’on en croit le magazine américain Popular Science, qui s’est rendu sur place en mai 2013, l’émirat d’Abu Dhabi a bien l’intention de démontrer au reste du monde qu’il est simple, moyennant quelques dizaines de milliards de dollars, de produire de l’énergie sans avoir recours aux énergies fossiles. Contrairement à tant d’autres projets d’écocités morts dans l’oeuf, Masdar City a résisté à la crise financière mondiale. Les travaux de « la source » (« masdar » en arabe), dont les plans ont été dessinés par le cabinet d’architecture de Norman Foster, ont bien démarré en février 2012. Mais il faudra sûrement attendre 2025 pour que la dernière pierre soit posée. En attendant, Masdar abrite déjà une centaine d’étudiants, futurs cracks en matière de valorisation des énergies renouvelables. Innovations technologiques, modèles économiques… Masdar entend bien devenir rapidement the place to be pour tout ce qui touche, de près ou de loin, aux énergies non polluantes du futur. D’ailleurs, l’entreprise allemande Siemens a déjà installé une antenne au coeur de la cité. La ville elle-même entend être exemplaire d’un point de vue écologique : les bâtiments respectent les principes de l’architecture bioclimatique et une immense tour capte les vents frais et les recycle en douce brise diffusée dans les rues du centre-ville. Autre originalité : les voitures à moteur sont bannies au profit de « véhicules personnels rapides » (petites autos électriques roulant à 40 km/h). Coût estimé de cette utopie green : 18 milliards de dollars. Soutenu par plusieurs ONG écologistes, le projet n’en est pas moins la cible de critiques parfois virulentes. Pour Nicolai Ouroussoff, journaliste au New York Times, Masdar se présente ainsi comme « la cristallisation d’un phénomène global de plus : la division grandissante du monde en enclaves de technologie et de ghettos informes où des questions comme la durabilité n’ont que peu de pertinence. »

La ville de Masdar étant bâtie en plein désert, les murs des habitations ont été conçus de façon à filtrer la lumière et la chaleur.
© Backupboy / Wikimedia

CITE, la ville laboratoire

Plan de CITE, la ville fantôme à usage scientifique.
© Cite-City

Comme toutes les villes, cette cité située dans l’État du Nouveau-Mexique a des égouts, des bureaux et des trottoirs garnis de lampadaires. Elle s’étend sur 53 km2, soit la taille d’une ville américaine moyenne. Pourtant, il ne s’agit pas d’une ville comme les autres. Le Center for innovation, testing and evaluation (CITE) est une ville fantôme sans habitants, une cité factice à usage scientifique, un décor de western version smart, un laboratoire urbain grandeur nature, qui doit servir à tester les énergies renouvelables et les technologies du futur (réseaux intelligents et sans fil, systèmes informatiques de gestion de la circulation, etc.). Imaginé par l’entreprise Pegasus Global Holdings, « The Center » devrait, à terme, louer ses murs aux établissements scientifiques qui en ont besoin pour leurs travaux. D’où son emplacement stratégique à proximité des laboratoires et des centres de recherche fédéraux de Los Alamos, Sandia et White Sands. Coût du projet, qui a déjà pris pas mal de retard : 1 milliard de dollars minimum.

La ville flottante de la Silicon Valley

Plusieurs concepts de navires sont à l’étude, dont le Bluessed Terraces, qui abriterait notamment des boutiques, des restaurants et même un terrain de foot.
© Blueseed

Juillet 2011. L’entrepreneur américain Max Marty lance le projet Blueseed. Objectif : permettre à des milliers d’entrepreneurs étrangers non possesseurs de la précieuse green card de venir travailler dans la Silicon Valley en les installant sur une ville flottante. L’idée peut sembler farfelue. Elle devrait pourtant bien se concrétiser à l’été 2014, quand un paquebot de croisière de 8000 m2 mouillera dans les eaux internationales, au large de San Francisco. En plus des traditionnelles cabines, le bateau abritera des restaurants, des magasins, un théâtre et même un terrain de foot… À bord, plusieurs centaines de « startupers » débarqués sur le sol américain avec un simple visa touristique et pouvant payer un loyer de 1300 dollars. Plus d’un millier de businessmen de 68 nationalités différentes se sont déjà portés candidats pour vivre à bord de ce technopole nautique qui travaillera main dans la main avec les entreprises de la Silicon Valley. Originalité de cette ville flottante : Blueseed naviguera sous le pavillon des Bahamas et ses passagers pourront payer leurs impôts dans le pays de leur choix… À signaler tout de même : cette petite utopie est financée en grande partie par Peter Thiel, cofondateur de Paypal, multimillionnaire et chef de file des libertariens, ces militants anti-fiscalité en guerre contre tout ce qui touche, de près ou de loin, au gouvernement fédéral américain. D’ailleurs, Thiel a créé en parallèle le Seasteading Institute, un organisme visant à établir une ville flottante pour « expérimenter divers systèmes sociaux, politiques et légaux innovants » au milieu des océans. Une approche communautaire de l’urbanisme qui risque de transformer la ville en un espace excluant.

Lire la suite de l’article : Cités futuristes : les projets les plus fous (2/2)

Usbek & Rica

Vos réactions

SAOULI 11 novembre 2016

c’est fabuleux, merveilleux et fantastique

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