Quels leviers pour décarboner les aéroports ?

20 Juil 2021 | Lecture 2 minutes

Le secteur aérien pourrait voir son empreinte carbone multipliée par deux d’ici quelques années, les solutions se multiplient pour une transition écologique des avions, mais aussi pour les infrastructures aéroportuaires.

Le transport aérien génère entre 2 et 3 % des gaz à effet de serre sur la planète, ce qui comprend le CO2, mais aussi l’ozone et l’oxyde d’azote. C’est en particulier le mode de propulsion des avions qui génère cette pollution, ainsi que l’augmentation permanente du trafic aérien. Un trafic en augmentation de 3,5 % par an selon l’association du transport aérien international (IATA), qui prévoit qu’il sera multiplié par 2 d’ici 2037.

Pour réduire cette pollution, de nombreuses solutions sont aujourd’hui à l’étude. La première étant de réduire la part du trafic aérien dans nos déplacements grâce à des alternatives comme le ferroviaire sur les trajets qui peuvent se faire en moins de 4h de train, mais aussi par le renouveau des trains de nuit pour des trajets plus longs. Un changement technologique dans le mode de propulsion des avions est également à l’étude, par exemple via les biocarburants ou, à plus long-terme, l’hydrogène.

Mais dans un effort global de réduction des émissions de GES du secteur, les plates-formes aéroportuaires doivent aussi se réinventer. Si elles ne représentent que 5 % des émissions de CO2 du transport aérien, elles restent un vecteur de progrès intéressant. Et de nombreuses initiatives vont déjà en ce sens.

Gyrostat sur Wikipedia

Des aéroports alimentés par des énergies renouvelables

En France, ADP (Aéroports de Paris) s’était fixé comme objectif d’atteindre 15% d’énergies renouvelables d’ici 2020 pour ses infrastructures. Un objectif réalisé dès l’année 2017, notamment par le développement de la biomasse comme source d’énergie, ce qui permet à l’aéroport de Roissy d’émettre 18 000 tonnes de CO2 en moins chaque année. Le groupe développe également le photovoltaïque et la géothermie pour verdir son mix-énergétique.

“A Roissy par exemple, nous avons une centrale au gaz et une centrale biomasse. Cette dernière produit environ 45% des besoins de chaleur de la plateforme. Et nous avons un projet de centrale géothermique qui va nous permettre de décarboner la très grande majorité de notre production de chaleur, nous permettant ainsi d’atteindre nos objectifs de réduction de CO2 sur CDG” précisait récemment Amélie Lummaux, la directrice du développement durable et des affaires publiques d’ADP à ce sujet.

L’aéroport de Toulouse-Blagnac, de son côté, utilise des solutions connectées pour réduire sa consommation d’énergie, grâce à des capteurs qui relèvent des données en temps réel pour adapter le chauffage et l’éclairage aux besoins des utilisateurs. Résultat : la facture énergétique annuelle de l’aéroport a baissé de 15% grâce à cette chasse au gaspillage.

Toulouse-Blagnac, c’est aussi un aéroport qui mise sur 3 633 panneaux photovoltaïques qui recouvrent désormais le toit de son parking P2. L’utilisation de panneaux solaires pour alimenter les aéroports est d’ailleurs une solution qui à la côte un peu partout à l’international. L’aéroport New Chennai en Inde se fournit à 90 % en électricité solaire qu’il produit. C’est aussi le cas en Chine, où le nouvel aéroport de Pékin s’est également équipé de panneaux solaires. Au Cameroun, celui de Douala commence lui aussi à miser sur des panneaux photovoltaïques pour sa production d’énergie

Une autre solution consiste à passer des contrats avec des fournisseurs d’électricité pour rémunérer des producteurs d’électricité renouvelable. C’est ce que fait l’aéroport de Nice-Côte d’Azur avec la signature d’un contrat d’achat d’électricité d’origine 100% hydraulique française auprès d’EDF.

Nozomiiquel sur Wikipedia

Des énergies propres pour les véhicules au sol

Si l’alimentation de l’aéroport en électricité propre est évidemment l’une des solutions les plus évidentes pour décarboner les aéroports, d’autres sujets font aussi partie de cette transition pour ces infrastructures. Entre autres le fonctionnement des véhicules au sol. Le conseil régional d’Occitanie, par exemple, a ainsi le projet de construire deux électrolyseurs sur les aéroports de Toulouse et de Tarbes afin de produire de l’hydrogène qui alimentera les navettes et engins de piste.

Un autre sujet, c’est de réduire la consommation des avions au sol par une optimisation du trafic et des flux. L’un des géants de l’aéronautique, Sita Aero, travaille par exemple sur des projets visant à améliorer la fluidité du trafic passager. L’un d’eux mobilise de l’intelligence artificielle pour anticiper l’heure d’arrivée des vols et adapter la mobilisation des services sur les infrastructures. Ce système permet d’éviter la congestion sur les pistes, mais aussi dans les aérogares.

Enfin, d’autres exemples nous montrent comment les aéroports évoluent. Celui de Bordeaux, par exemple, a lancé récemment un programme pour économiser l’eau grâce à l’installation de toilettes sèches dans les espaces sanitaires publics et le déploiement de systèmes de limitation de débit et de récupération d’eau de pluie, ou encore à la récupération des eaux d’exercices des pompiers aéroportuaires.

La gestion de l’eau, mais aussi le tri et la valorisation des déchets sont ainsi d’autres problématiques à traiter pour des infrastructures qui accueillent chaque année des millions de visiteurs. Toutes ces solutions ne vont pas réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre du secteur aérien. Mais cela reste important de réduire toute émission quelle qu’elle soit.

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