Écharpes et aspirateurs géants : comment cohabiter avec la pollution

Un homme portant un masque contre la pollution à Delhi
15 Jan 2018

Alors que les pics de pollution se multiplient à Paris, Delhi et Pékin sont régulièrement envahies par le smog, cet épais brouillard de particules fines. Bien obligés de faire avec, les habitants des villes polluées trouvent toutes sortes de solutions, improvisées ou commercialisées. Tour d’horizon des alternatives anti-pollution qui pourraient fleurir d’ici quelques années.

Un homme portant un masque contre la pollution à Delhi

Le masque est de rigueur pour travailler dans le smog Crédit : Dominique Faget, AFP/Getty Images

Méfiez-vous du smog

Comme depuis plusieurs années, l’arrivée de l’automne à New Delhi a été marquée par l’apparition d’un smog spectaculaire. Le froid et l’absence de vent aidant, ce nuage de pollution est resté plusieurs jours sur la métropole, la plongeant dans un brouillard de grisaille suffocante. En plus de réduire la visibilité – causant notamment la fermeture d’une piste de l’aéroport international – le smog a des conséquences très néfastes sur la santé. Les particules fines sont assez petites pour pénétrer dans les ramifications les plus profondes des voies respiratoires et dans le sang, elles augmentent ainsi le risque de maladies cardiovasculaires, les problèmes aux yeux, les infections respiratoires et les cancers.

Un parc de New Delhi couvert par la pollution

Parc couvert de smog à New Delhi Crédit : Dominique Faget, AFP/Getty Images

Avec plus de 20 millions d’habitants, New Delhi qui avait été classée la ville la plus polluée du monde en 2014 par l’OMS est victime de sa circulation automobile croissante, de son activité industrielle et agricole intense. À chaque nouvel épisode de pollution, les écoles doivent fermer et la population tente plus ou moins efficacement de se protéger. Selon les témoignages, certains se contentent de rabattre la visière de leur casque de moto pendant qu’ils circulent, d’autres se nouent un simple chiffon autour du nez et de la bouche : les masques antipollution sont soit trop chers soit en rupture de stock.

Une femme portant un foulard contre la pollution

Le foulard Wair Crédit : Wair

Masque antipollution : collection automne-hiver

Les records inquiétants de l’Inde ne doivent pas faire oublier la réalité de la pollution mondiale. L’OMS dénombre 3,7 millions de décès prématurés liés à la pollution dans le monde en 2012. À mesure que les citadins prennent conscience du phénomène et de ses effets sur la santé, de nombreux produits sont mis au point et commercialisés pour permettre de mieux cohabiter avec la pollution. Parmi les incontournables on trouve bien sûr le masque antipollution qui permet de filtrer l’air inspiré en couvrant les voies respiratoires. Relativement impressionnant, il a déjà fait l’objet de quelques lifting qui pourraient le faire passer inaperçu dans une garde-robe habituelle.

La Smog Free Tower à Rotterdam

La Smog Free Tower à Rotterdam Crédit : Studio Roosegaarde

Commercialisée par une entreprise américain, la BioScarf est une écharpe qui a tout d’une écharpe classique, pourtant elle est spécialement conçue pour filtrer les particules fines, les gaz et les bactéries. Éthique et conçue en partie avec des matériaux recyclés, elle n’offre que trois coloris sobres. En allant plus loin dans la démarche esthétique, la start-up lyonnaise Wair a mis au point des foulards aux motifs colorés et fleuris. Le tissu en coton est attaché directement à un masque antipollution discret qu’il suffit d’ajuster au visage pour respirer tranquille et avec élégance. La réalité de la pollution toxique est ainsi dédramatisée et détournée.

Capteurs, bijoux et aspirateurs géants

Pour accompagner son écharpe, Wair a mis au point une application indiquant la qualité de l’air : vous pouvez ainsi prévoir un masque ou modifier vos trajets selon l’état de l’air. Si vous êtes allergiques aux pollens, l’application signale également les zones à risques. De nombreuses applications permettent ainsi de sensibiliser les piétons, elles s’ajoutent à de drôles d’innovations dans les nouvelles technologies. Des systèmes de capteurs portables sont apparus comme le Flow de Plume Lab. Facile à emporter, il analyse et indique en temps réel la qualité de l’air. Plus encombrant qu’une application pour à peu près les mêmes effets, on doute de son succès à long terme.

un projet de vélo dépolluant

Projet de vélo dépolluant Crédit : Studio Roosegaarde

Dans la famille des aménagements urbains qui pourraient inonder nos villes d’ici quelques années, on trouve aussi les colonnes dépolluantes comme celle de Fermentalg ou la Smog Free Tower de Daan Roosegaarde. La première ressemble à une colonne Morris remplie d’eau peuplée de microalgues capables de piéger le dioxyde de carbone et de rejeter de l’oxygène. La seconde est une sorte de purificateur d’air géant : capable d’aspirer 30 000 mètres cubes d’air par heure, le dispositif envoie des ions positifs sur les particules fines, celles-ci sont ensuite capturées par les ions négatifs présents dans la tour. Ces systèmes – encore en phase de test – permettent de purifier de grandes quantité d’air mais seulement dans un périmètre restreint. Mais l’inventeur néerlandais à l’origine de la Smog Free Tower n’en reste pas là, il prévoit d’adapter son brevet à un projet visionnaire de vélos dépolluants.

Et tandis que Daan Roosegaarde compresse les particules de pollution capturées par sa tour pour en faire des bijoux, la start-up Graviky Labs a mis au point Air-Ink, une encre pour les dessinateurs à base de ces mêmes particules… Lorsque la pollution devient une véritable matière première, on ne sait pas vraiment s’il faut se réjouir ou s’inquiéter.

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