Du basilic dans l’open space

16 Jan 2015

La start-up française Ciel, mon radis ! s’apprête à commercialiser des modules de culture d’intérieur à destination des entreprises. Objectif : développer l’agriculture hors-sol tout en tissant du lien social.

Basilic ; Crédits : Ciel mon radis !

La start-up française Ciel mon radis ! propose de cultiver des plantes aromatiques en entreprise Copyright : Ciel mon radis !

Apporter un brin de nature et tisser du lien social en entreprise, telle est l’ambition de Romain Balmary et Charles de la Boulaye. Originaires du Lot et de Vendée, les deux fondateurs de Ciel mon radis ! ont eu l’idée de créer une start-up originale après avoir effectué un stage dans une grande entreprise installée dans le quartier de La Défense, à Paris. Là-bas, ils constatent les difficultés des employés à communiquer entre eux, à partager des expériences autres que professionnelles. Pour faire de l’open space un lieu plus convivial et propice aux échanges, ils imaginent alors vendre aux entreprises des kits de jardinage permettant de cultiver différentes plantes aromatiques biologiques (aneth, basilic, coriandre, etc.) que les employés pourraient jardiner puis déguster ensemble sur leur lieu de travail. Une idée qu’ils développent avec succès, en octobre 2013, dans le cadre du concours « La start-up est dans le pré » récompensant les aspirants entrepreneurs de moins de 25 ans capables de « créer leur entreprise en un week-end ».

Culture hors sol

Le dispositif proposé par Ciel mon radis ! est particulièrement facile à installer. Pas besoin de clou ni de vis : une lampe, un bac étanche, un terreau en brique et du compost suffisent pour nourrir les plantes aromatiques. Mieux : chaque potager éphémère est suivi de la graine à l’assiette par l’entreprise, qui s’engage à former des « couples de jardiniers » – l’intérêt étant d’unir des employés qui ne se connaissent pas. Plusieurs ateliers pédagogiques sont organisés ensuite, ainsi qu’un suivi en ligne pour suivre en temps réel l’avancée du processus de jardinage. Les jardinières conçues par Ciel mon radis ! fonctionnent selon la technique de culture dite « hors-sol », qui permet d’atteindre un équilibre optimal entre les apports nécessaires de lumière, de nutriments et de chaleur. Si elle a tendance à désinhiber et rapprocher les employés de l’entreprise, la culture en partage d’herbes aromatiques a également une dimension pédagogique puisqu’elle permet de diffuser des informations sur les vertus d’une forme d’agriculture non intensive et parfaitement adaptée au cadre urbain.

« Conquérir la ville »

Si la start-up est saluée aujourd’hui pour son originalité, c’est aussi parce que la culture hors-sol en entreprise est encore une idée neuve, en France comme à l’étranger. Certes, des entreprises comme Pepsico ou Google ont déjà aménagé des potagers, mais ces cultures sont situées en plein air. À vrai dire, seule la multinationale japonaise Pasona a lancé un ambitieux programme de culture d’intérieur, avec plus de 13 000 m² de verdure dans ses murs et environ 200 plantes différentes cultivés, dont des fruits, des légumes et même du riz, qui sont ensuite cuisinés par la cantine de l’entreprise. « Ciel mon radis ! a donc toutes les raisons de parvenir à conquérir la ville », explique Charles de la Boulaye, qui insiste sur « l’importance du faire soi-même », en particulier dans des sociétés urbaines de plus en plus déconnectées du contenu de leurs assiettes.

Après l’entreprise, l’école ?

En décembre 2014, Ciel mon radis ! a été présenté au Grand Palais, à Paris, dans le cadre de l’exposition Osons la France, parmi une sélection de 200 projets « bâtisseurs pour demain ». Les kits de jardinage conçus par la start-up sont aussi à l’essai depuis trois mois dans les bureaux de Bouygues Immobilier, à Issy-les-Moulineaux. L’entreprise lance officiellement son offre aux entreprises début 2015. On sait déjà que le prix des kits de jardinage variera, en fonction notamment du nombre de salariés dans l’entreprise. « Les jardins d’intérieur ne sont pas faits non plus pour rester cantonnés dans des bureaux d’entreprise. Ils pourraient par exemple être tout à fait adaptés à des lieux comme les écoles », ajoute Charles de la Boulaye, qui imagine bien sa start-up se développer un jour à l’international, en particulier dans les pays nordiques, traditionnellement plus ouverts à ce type de projets.

Usbek & Rica
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Vos réactions

Paul Marinière
17 janvier 2015

Super article! Qui en est l’auteur??
Merci Usbek et Rica!

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