Ces villes françaises qui misent sur l’hydrogène pour réduire la pollution

véhicule hydrogène
29 Oct 2020 | Lecture 4 minutes

Plusieurs métropoles françaises commencent à miser sur l’hydrogène vert pour alimenter leurs flottes municipales (bus, bennes à ordures) et font ainsi un pas en avant pour réduire la pollution dans les villes et promouvoir cette technologie d’avenir.

L’hydrogène vert représente actuellement l’une des meilleures alternatives pour décarboner la mobilité et permettre ainsi de résoudre les problèmes de pollution atmosphérique et de qualité de l’air dans les villes. Une raison pour laquelle la plupart des pays développés investissement massivement dans ce vecteur énergétique. La France, vient d’ailleurs d’annoncer un plan à 7 milliards pour soutenir cette filière, quelques semaines après les 9 milliards annoncés par l’Allemagne.

Produit par électrolyse de l’eau grâce à de l’électricité d’origine renouvelable (majoritairement éolien ou solaire photovoltaïque), l’hydrogène vert est particulièrement intéressant pour alimenter des véhicules lourds (camions routiers, bennes à ordures, bus) qui sont plus difficile à électrifier via des batteries lithium-ion en raison de problèmes de puissance.

De nombreuses collectivités françaises se lancent donc aujourd’hui sur ce créneau afin d’équiper leurs flottes municipales de ces véhicules non-polluants qui ont aussi l’avantage d’être silencieux.

Dijon, des bennes à ordures puis des bus pour la métropole

Dijon métropole, particulièrement proactive ces dernières années en matière de transition écologique, a par exemple imaginé un système en circuit-court afin de produire localement de l’hydrogène d’origine renouvelable. Elle compte ainsi créer une unité de production d’hydrogène à proximité du site de valorisation énergétique de la métropole. Sa production s’appuiera essentiellement sur l’électricité « verte » issue du Groupe turbo alternateur de l’unité de valorisation énergétique. Elle sera complétée à terme par de l’électricité provenant d’une ferme photovoltaïque ou par d’autres productions renouvelables de proximité.

Cet électrolyseur devrait fournir dans un premier temps 500 kilos d’hydrogène par jour. Ils alimenteront les piles à combustible des véhicules électriques à hydrogène de huit bennes à ordures ménagères et de six véhicules utilitaires légers. L’objectif de la métropole est également de déployer cette technologie aux bus lors du prochain renouvellement du parc.

La mise en service de cette unité de production est prévue pour l’été 2021. In fine, la station permettra de recharger tous types de véhicules électriques à hydrogène sur le territoire à tous ceux qui le souhaitent, entreprises comme particuliers.

Pau et son Frébus, une première mondiale

Mis en service fin 2019, le Fébus est une grande fierté pour la capitale du Béarn. Il s’agit en effet du premier bus de 18 mètres à rouler à l’hydrogène dans le monde. Grâce à sa pile à combustible qui alimente un moteur électrique de 200 kW, le Fébus affiche une autonomie quotidienne de 240 kilomètres qui lui permet une autonomie totale sur une journée. Il peut ainsi arpenter la ville avec une seule charge.

À Pau, l’électricité consommé par l’électrolyseur provient actuellement du réseau électrique (bas-carbone mais pas entièrement vert). Elle sera “à terme captée par des panneaux solaires installés à proximité du site” précise la métropole.

La ville de François Bayrou totalise ainsi une flotte de 8 “Frébus” (6 en circulation et 2 de secours) qui ne rejettent aucun gaz à effet de serre en roulant. Pour cela, la métropole a dû débourser près de 74 millions d’euros, dont 50 millions d’euros pour réaliser les travaux nécessaires à l’accueil du projet, ainsi que 10 millions d’euros pour l’achat des bus et 4,5 millions pour le déploiement de la station de production d’hydrogène.

La Roche-sur-Yon, terre d’expérimentation à grande échelle

En vendée, l’entreprise nantaise Lhyfe, une startup spécialiste de la production d’hydrogène vert, installera dès le mois de septembre 2020 une usine pour fabriquer de l’hydrogène en quantité industrielle grâce à des éoliennes. À partir de l’année prochaine, elle devrait pouvoir fournir de l’hydrogène vert en quantité pour alimenter tout type de véhicules, pour les professionnels comme les particuliers.

Le département de la vendée, grâce à ce projet, compte devenir un véritable pionnier dans l’utilisation de l’hydrogène vert à grande échelle sur son territoire.

La ville de La Roche sur Yon s’est donc naturellement positionnée pour une première station à hydrogène. Elle alimentera une  ligne de bus ainsi que des véhicules de la collectivité (à priori des bennes à ordures). Cette station sera également ouverte au public pour celles et ceux qui possèdent des véhicules électriques pile à combustible.

À terme, d’autres stations devraient ouvrir ensuite à Challans, St Gilles Croix de Vie ainsi qu’aux Sables d’Olonne.

Le mans, Versailles, Auchel, Nantes…

Cette technologie de l’hydrogène séduit également les villes du Mans, de Versailles et d’Auchel qui ont chacune inauguré des lignes de bus à hydrogène ces derniers mois.

Évidemment, les avantages sont nombreux puisque ces véhiculent n’émettent pas de gaz à effet de serre, ne produisent aucune pollution sonore ou olfactive. Cependant, la technologie est encore chère – près de deux fois le coût d’un bus classique sans compter les investissements à réaliser pour les stations de production d’hydrogène.

Il faut également pouvoir produire de l’hydrogène à partir d’énergie renouvelable pour que la pratique soit réellement durable. À court terme, comme la France dispose d’une électricité majoritairement bas carbone grâce au nucléaire, cette pratique pourrait cependant se développer à plus grande échelle. Les responsables de la filières estiment d’ailleurs que 1 000 bus à hydrogène pourraient circuler dans l’hexagone d’ici 2023. D’autres applications dans le domaine du bâtiment sont également possibles, ainsi que pour la navigation fluviale.

La ville de Nantes a, par exemple, inauguré l’année dernière une navette fluviale à hydrogène qui permet de transporter ses habitants le long de l’Erdre, un affluent de la Loire qui sillonne la métropole.

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