L’énergie solaire sera-t-elle la première source d’énergie au monde en 2050 ?

6 Déc 2023 | Lecture 3 min

Selon une étude de l’université d’Exeter au Royaume-Uni, le monde aurait déjà franchi un point de bascule qui ferait de l’énergie solaire la première source de production d’électricité d’ici 2050. Une bonne nouvelle alors que l’AIE estime que la production actuelle d’énergies fossiles menace les objectifs climatiques, sujet phare de la prochaine COP28.

L’accord de Paris sur le climat a établi un objectif clair : maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Pour y parvenir, de nombreux pays se sont engagés à atteindre des objectifs de neutralité carbone, avec des échéances allant de 2050 (UE, Japon, Corée) à 2060 pour la Chine et 2070 pour l’Inde.

Pour atteindre ces objectifs en temps et en heure, la question de la transition énergétique occupe une place centrale. Et sur ce sujet, il existe trois leviers : réduire les investissements dans les énergies fossiles, développer des solutions de capture du CO2 et développer massivement les énergies renouvelables.

Sur ce sujet, l’énergie solaire photovoltaïque émerge comme l’un des candidats les plus prometteurs pour répondre au défi de la transition énergétique. La décennie précédente a vu ainsi été témoin d’une véritable révolution dans le domaine de l’énergie solaire. Ainsi, entre 2010 et 2020, les coûts de l’énergie solaire photovoltaïque ont diminué de 15 % par an, tandis que la capacité installée a augmenté de 25 % par an.

Et d’après une étude de l’Université d’Exeter au Royaume-Uni, ce taux de croissance et cette diminution des coûts pourrait être un point de bascule qui, si elle continue de la sorte, ferait de l’énergie solaire la première source de production d’électricité d’ici 2050.

« En raison des trajectoires technologiques mises en place par les politiques passées, un point de basculement solaire mondial irréversible a peut-être été atteint, où l’énergie solaire pourrait progressivement dominer les marchés mondiaux de l’électricité, sans nécessité de nouvelles politiques climatiques » précisent ainsi les auteurs de cette étude.

Crédit : Diego Vivanco via Pexels

Crédit : Diego Vivanco via Pexels

4 principaux leviers à activer

Toutefois, bien qu’elle représente une promesse de transition vers un avenir plus respectueux de l’environnement, le solaire photovoltaïque – et les énergies renouvelables de manière générale – font face à de nombreux défis.

En ce qui concerne le solaire PV, les auteurs de l’étude identifient principalement 4 freins qui nécessitent l’attention de la communauté internationale, dont la stabilité des réseaux.

En effet, l’intégration à grande échelle de l’énergie solaire dans le réseau électrique mondial est un défi complexe et nécessite des investissements massifs dans les infrastructures pour garantir que l’énergie solaire puisse être distribuée de manière fiable et efficace.

En outre, se pose la question du financement de ces technologies dans les pays en développement. Alors que la réussite de leur développement dépend en grande partie de l’énergie, ils font face à des besoins de financement considérables pour déployer des installations renouvelables nécessaires. La création de mécanismes de financement innovants sera donc essentielle pour faciliter cette transition.

Les auteurs de l’étude insistent également sur la capacité de fabrication et la disponibilité des matériaux nécessaires pour les panneaux solaires, qui doivent évidemment suivre la demande croissante. Les chaînes d’approvisionnement devront également s’adapter rapidement pour répondre à ces besoins grandissants, tout en maintenant des normes de qualité élevées.

Enfin, se pose la question des intérêts économiques établis dans les territoires, qui peuvent faire preuve de résistance au passage à l’énergie solaire ou éolienne, en particulier lorsque des emplois sont en jeu.

L’avenir de l’énergie solaire en tant que source d’énergie prédominante en 2050 dépendra de notre capacité à relever ces défis. D’autant qu’il y a urgence, et notamment urgence à cesser le développement des énergies fossiles. Ainsi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) met en évidence, dans son dernier rapport, que la demande mondiale en énergies fossiles devrait demeurer « excessive » pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Ainsi, même avec la croissance impressionnante des énergies propres telle qu’observée dans les politiques actuelles, les émissions de gaz à effet de serre resteraient « suffisamment significatives » pour entraîner une augmentation d’environ 2,4 degrés Celsius des températures moyennes mondiales au cours de ce siècle.

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