SOS sans-abris : de la prise de conscience à l’action urbanistique (2/3)

18 Déc 2014

Prendre conscience des inégalités économiques et sociales est une chose, agir pour tenter d’y remédier en est une autre. Ces dernières années, associations d’aide aux sans-abris et autres entités militantes procèdent de façons variées pour apporter leur prestation charitable aux laissés pour compte de l’habitat urbain… Et si l’urbanisme était l’une des pièces maîtresses de ces avancées sociales ?

Dans une première partie, nous introduisions ce lourd sujet urbain consacré à la place des personnes dépourvues de domicile en rappelant les chiffres alarmants qui le caractérisent. Nous le conclûmes par un impératif : l’effort de compréhension des personnes en difficulté est nécessaire si l’on souhaite un tant soit peu leur venir en aide. Dans ce deuxième volet, nous tenterons de répertorier quelques unes des initiatives entreprises récemment en ville pour prêter main-forte à ces multiples citoyens en quête de logements.

Homeless aux pigeons : Paris ; Copryright : Guiguit / Flickr

Homeless aux pigeons : Paris ; Copyright : Guiguit / Flickr

Lutter contre l’urbanisme ségrégatif des sdf

Ainsi, dans ce précédent article, nous avons montré la responsabilité qui incombe à certaines politiques urbanistiques dans la ségrégation – voire la véritable traque – des sans-abris. En effet, diverses astuces plus ou moins subtiles et agressives (dont le fameux “mobilier anti-SDF”) parsèment aujourd’hui nos rues afin de dissuader les sans-abris de s’y installer. Si aujourd’hui, tout le monde n’a pas la chance “d’habiter” un espace intime et confortable, doit-on davantage bannir les moins chanceux des seuls espaces auxquels ils ont de fait accès ?

A défaut d’avoir la solution contre ce fléau social contemporain, une poignée de personnes comptent bel et bien lutter contre ces politiques urbanistiques dites de “prévention situationnelle”. En juin dernier, le magazine en ligne Vice nous apprenait par exemple qu’un groupe d’activistes britanniques était bien décidé à faire entendre leur animosité contre cet urbanisme anti-SDF… en détruisant l’une des installations “piquantes” décorant de façon quelque peu inélégante la devanture d’un supermarché Tesco, qui avait suscité un très vif débat outre-Manche.

Dans un autre registre, le média francophone de “commentaires sur l’actualité” Slate.fr nous rapportait un mois plus tard l’existence d’une campagne pro-SDF menée par le tandem formé par une association canadienne de défense des droits des personnes sans-abris (Rain City Housing) et une agence de publicité. Ensemble, les deux institutions transformèrent alors le discours sécuritaire promu par le mobilier anti-SDF par de très courts plaidoyers chargés de rassurer et d’accueillir bien volontiers les plus démunis. Incrustées sur certains bancs de Vancouver, on peut ainsi lire des pancartes aux messages réconfortants du type “Abritez-vous ici”… Et si la ville devenait douce avec les plus pauvres ? Voici une utopie qui, heureusement, réunit plus d’un adepte.

Repenser “l’habiter” à l’échelle de la pauvreté

A défaut de pouvoir offrir un toit à tout le monde, associations et publicitaires se serrent les coudes pour développer une partie des clés de “l’habiter” à cette multitude de citoyens en quête d’espaces domestiques. Dès lors, comment caractériser les divers bénéfices offerts par un “chez soi” ? De nombreux avantages se cachent ainsi derrière la notion de “confort” ressenti au travers du concept d’habitat moderne. Et c’est justement ce à quoi compte répondre une liste non exhaustive de bienfaiteurs pro-SDF contemporains.

A l’approche des fêtes de fin d’année 2013, l’association “Les Enfants du Canal” – soutenue par la Fondation Abbé Pierre, la Fondation de France et RTL – avait pour objectif la distribution de quelques 2500 postes radio aux personnes vivant dans les rues de chaque ville française. Destinée à “briser l’isolement des SDF en favorisant un accès à la culture et à l’information”, l’opération comptait notamment sur les dons particuliers pour triompher.

Tandis qu’une association militante basée à Cape Town s’alliait en janvier dernier à l’agence de pub M&C Saatchi Abel pour créer un magasin de vêtements en plein air (basé sur le libre-service) s’adressant aux sans-abris, le concept de laverie ambulante semble faire son chemin des bidonvilles franciliens aux rues australiennes.

Enfin, il n’y a pas que l’hygiène et la culture qui trônent au Panthéon du confort. L’alimentation compte évidemment au premier rang des préoccupations des sans-abris. Récemment, un réseau de frigos en libre-service pointait le bout de son nez dans les rues allemandes. Qu’y trouve-t-on ? De la nourriture invendue (et tout à fait comestible), récupérée dans divers supermarchés du pays. Voilà de quoi inspirer les villes françaises, afin de les rendre plus affectueuses avec les personnes qui en ont le plus besoin !

Pour aller plus loin :

[pop-up] urbain

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