Revaloriser les espaces publics des grands ensembles

3 Déc 2014

Barres et tours. Ces deux mots suffisent à eux seuls à résumer toute une part de la construction urbaine contemporaine. Hissée au rang d’idéologie, ce type de construction a pour avantage de loger plus de monde dans des surfaces réduites et à moindre coût. Autant d’arguments qui font mouche dans la France de l’après-guerre. Aujourd’hui, le discours sur ces nouvelles formes urbaines a bien changé. Celles que l’on appelle désormais pudiquement les cités souffrent de nombreux handicaps urbains et/ ou sociaux. Devenues des enjeux politiques sensibles, elles font l’objet de rénovations et de revalorisations. Et parmi les lieux à repenser, les espaces publics des grands ensembles concentrent un certain nombre d’enjeux et de tensions. Pourquoi et comment faire ? Quelques éclairages…

Quartier des Glonnières - Le Mans : Architecte : Jean-Maur Lyonnet ; Photographe : Delphine Huart

L’idéologie des grands ensembles a aujourd’hui vécu et les espaces publics doivent être réinventés ; Photographe : Delphine Huart

Vers des espaces publics des grands ensembles durables et multi-fonctionnels

Partagé entre rénovation et démolition, le renouvellement des grands ensembles a un objectif commun, celui de réorganiser les quartiers durablement, de les relier au reste de la ville, de valoriser les lieux et ainsi d’améliorer la vie des habitants. Ces quartiers présentent un fort potentiel de développement et d’attractivité pour les villes. Les larges espaces publics de ces parcs d’habitation, longtemps oubliés, sont désormais au centre des préoccupations des élus. La notion d’espace public confortable, fonctionnel et pérenne s’impose et devient un enjeu majeur pour la ville durable de demain. Certains de ces quartiers hier encore laissés de côté sont transformés en éco-quartiers, tentant de faire des défauts premiers de ces secteurs de nouveaux atouts. Malakoff : à Nantes ce nom évoquait il y a quelques années une cité obsolète. Aujourd’hui, le quartier est en pleine reconversion et c’est le développement durable qui sert de terreau. La mono-fonctionnalité des espaces publics : voilà une des raisons principales de leur déclin. Car ce qui fait la richesse d’un espace public c’est la présence des personnes et les activités qui s’y déroulent. L’espace public n’est pas un simple espace neutre où se retrouvent relations et interactions sociales. Destinés à tous, et donc au final à personne, ces espaces doivent aujourd’hui être reconsidérés comme des atouts majeurs, invitant les usagers à reprendre leurs droits sur leurs terres.

Le designer au service de la rénovation urbaine

Quartier des Glonnières - Le Mans : Architecte : Jean-Maur Lyonnet ; Photographe : Delphine Huart

Delphine Huart a choisi de s’intéresser aux espaces publics des grands ensembles pour son Projet de Fin d’Etudes ; Photographe : Delphine Huart

Le designer semble ne pas avoir été envisagé comme pouvant être un acteur utile de la rénovation urbaine. Pourtant il peut avoir un rôle important à jouer et apporter un regard nouveau à cette politique de renouvellement de la ville grâce à une nouvelle approche centrée sur les usagers. Alors que le designer s’intéresse particulièrement aux modes de vie des habitants, les projets de rénovation urbaine ont trop souvent été montrés du doigt, considérés comme des projets construits « hors-sol ». En apportant des objets, comme du mobilier urbain, des signes, des couleurs ou tout autre dispositif créatif, le designer singularise et humanise les espaces publics et permet aux habitants de s’y sentir bien et de s’y retrouver. Delphine Huart, étudiante en cinquième année à l’Ecole de Design Nantes Atlantique, a choisi justement ces espaces peu considérés comme terrain d’étude. Pour elle, il est primordial « d’intégrer les quartiers aux restes de la ville et de favoriser la participation des habitants. Je souhaite affirmer la continuité des espaces publics et rééquilibrer le traitement des espaces publics dans les différents quartiers. Les opérations mises en place pour réaménager les grands ensembles ont souvent un coût très élevé. C’est ce coût qui freine la requalification des quartiers, empêchant l’avancement des travaux et laissant à l’abandon pendant parfois des années une partie du  quartier. Pour moi, l’approche design peut permettre d’éviter de dévaloriser les efforts engagés dans cette requalification en proposant une solution à plus petite échelle, une solution économique et simple à mettre en œuvre ».

Par Delphine Huart, étudiante en 5ème année à l’Ecole de Design Nantes Atlantique option Mutations du cadre bâti, et Zélia Darnault, enseignante.

L'École de design Nantes Atlantique

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