Le Japon, la tradition des Mashiyas

8 Oct 2014

Le Japon est encore une terre de tradition, où la culture et l’identité sont toujours bien ancrées dans les villes et dans les habitudes de ceux qui y vivent, même si le monde contemporain construit une autre ville, mais toujours japonaise, où les architectes osent. Dans un premier temps nous sommes partis à la rencontre des maisons de ville de Kyoto : les Mashiyas.

C’est un mois de juin pluvieux et frais qui nous accueille au Japon, la saison du premier mois de l’été est celle des pluies. Arrivés à Osaka, toutes les pelouses et les parcs rayonnent d’un doux vert caressant de larges parties de la ville. Nous restons quelques jours à Osaka, ils nous permettent de prendre nos marques dans ce nouveau monde qui s’offre à nous, le Japon, un rêve d’architecte. Les premières lumières et les premières excentricités japonaises nous plongent dans de nouvelles ambiances qui nous attirent. Pour commencer à comprendre la culture si particulière du pays nous prenons la route de Kyoto : l’ancienne capitale, qui a encore gardé les traits immortels du Japon.

Yasushi nous ouvre les portes de sa maison, en apparence discrète, elle a révélé tous ses charmes à l'intérieur - crédits Antoine Dubois

Yasushi nous ouvre les portes de sa maison, en apparence discrète, elle a révélé tous ses charmes à l’intérieur – crédits Antoine Dubois

L’architecture traditionnelle, ici, se construit en bois selon des règles simples. Chaque ville a son propre style de maisons mais toutes revendiquent la même sensibilité à l’habiter. Des liens très fins et subtils sont tissés entre eux. Ce sont des maisons discrètes au charme renversant lorsque l’on a la chance de faire glisser leur porte et de découvrir leur cœur. Elles s’organisent ensuite entre elles en quartiers qui fonctionnent les uns avec les autres.

Un des premiers codes, que les maisons respectent, est le dimensionnement. C’est le tatami qui donne la mesure, la surface de chacune des pièces de la maison se dessine en nombre et par la multiplication de ce dernier, depuis plus d’un millénaire suivant des agencements précis. Le nombre de tatamis se décide en fonction de l’usage et du nombre de personnes qui s’y côtoient.

Au sol, ce sont des tatamis de paille de riz, la porte légère coulisse pour ouvrir la pièce entière sur le jardin de la maison - crédits Antoine Dubois

Au sol, ce sont des tatamis de paille de riz, la porte légère coulisse pour ouvrir la pièce entière sur le jardin de la maison – crédits Antoine Dubois

Nos premiers regards se posent sur les Mashiyas du quartier des Geishas à Kyoto. Là aussi, la poésie du Japon nous enivre, nous avons eu la chance de croiser le chemin de certaines de ces dames aux costumes remplis de couleurs et aux visages maquillés de blanc. Quelques jours plus tard, à la suite de plusieurs rencontres nous entrons dans la maison de Yasushi. A l’intérieur nous la découvrons délicate et raffinée, construite au siècle dernier. La Mashiya est à la fois une maison d’habitation, où la famille réside, et l’atelier de l’artisan, où le chef de famille travaille. Yasushi, lui, est doreur à l’or fin, la première pièce qui jouxte l’entrée est celle de son bureau, certaines de ses plus belles œuvres y sont présentées et exposées. A l’étage c’est son atelier, où ses pinceaux caressent les feuilles de papier de riz. Le long des parois sont entreposés ses pigments et ses rouleaux de papier, nous sommes impressionnés par la finesse de son travail.

La nature est magnifiée et mise en scène au cœur de la maison - crédits Antoine Dubois

La nature est magnifiée et mise en scène au cœur de la maison – crédits Antoine Dubois

Nous redescendons, c’est depuis le large couloir de l’entrée que se déploie la maison. Il nous guide jusqu’au centre où se trouve un premier patio, une première respiration qui donne le ton : la maison est complètement dirigée vers ses jardins et ses patios, où la nature est magnifiée et se contemple pendant des heures. Insérée dans la continuité du plan du couloir d’entrée, la cuisine se déploie jusqu’au bout de la maison. Elle est au niveau du sol de la rue, tandis que les autres pièces sont surélevées d’une marche, là il faut se déchausser, nous marchons sur les tatamis en paille de riz. Toujours au rez-de-chaussée, et orientées vers le jardin principal, il nous invite à boire le thé, nous sommes assis sur les genoux, la sérénité ambiante nous gagne, il semble que les architectes et les constructeurs japonais aient compris beaucoup à propos d’architecture. Yasushi nous laisse sa maison pendant quelques heures, nous contemplons et apprenons en silence.

Architecture by Road

Vos réactions

[pop-up] urbain 8 octobre 2014

Bonjour ! Nous avons également passé un peu de temps au Japon cet été, c’est donc un plaisir de lire d’autres récits de voyage 🙂

Je n’ai pour ma part pas eu l’occasion de visiter l’une de ces maisons traditionnelles, mais la lecture (pré-voyage) de l’ouvrage de Tanizaki « Eloge de l’ombre » m’avait vivement sensibiliser au raffinement des intérieurs japonais. Si vous ne l’avez pas lu, je pense que vous y prendrez beaucoup de plaisir.

D’autre part, si cela vous intéresse nous avons pour le moment publié sur notre blog deux récits de voyage nippon, l’un sur la rue japonaise (par Claire Gervais), et l’autre sur la signalétique « kawaii ».
http://www.pop-up-urbain.com/radiographie-de-la-rue-japonaise-12/
http://www.pop-up-urbain.com/au-pays-enchante-de-lordre-public-nippon/

Merci pour ce témoignage, et bons voyages !

Architecture by Road 20 octobre 2014

Bonjour !
Merci pour vos conseils de lecture, et bravo aussi pour vos articles.
Bons voyages !

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