La ville en mode Lab !

26 Juil 2016

On a tendance à penser l’innovation comme une discipline fermée, œuvre de laborantins sachants. Mais depuis quelques années, est apparu sur la scène un nouvel acteur de l’innovation urbaine, celui qu’on avait tendance à laisser de côté alors même qu’il est en réalité au centre du processus : l’usager. Devenu expert, il a désormais son mot à dire et peut intervenir à différentes échelles dans un projet de conception, et ce, même dans le monde, jusque-là très fermé, de la conception urbaine. Formalisée en une méthodologie intitulée « Urban Living Lab », cette nouvelle collaboration présente de belles opportunités pour la fabrique de la ville. Alors, prêts à vivre la vi(ll)e en mode Lab ?

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La ville en mode Lab : pour de nouvelles méthodologies de fabrique de la ville © L’École de design Nantes Atlantique

Urban Living Lab, quézaco ?

Derrière le terme barbare de Living Lab se cache en réalité une méthodologie d’innovation ouverte, collaborative fondée sur l’expérimentation en conditions réalistes. C’est dans le fonctionnement même de ces Living Lab que réside l’innovation : ces espaces de tests à échelle 1 permettent d’expérimenter avec des acteurs informels que l’on n’a pas forcément l’habitude de consulter dans les processus traditionnels d’expérimentations. Appliquée au domaine de la fabrique de la ville, la notion de Living Lab devient alors Urban Living Lab. C’est cette approche méthodologique centrée utilisateur qui a particulièrement séduit L’École de design Nantes Atlantique et ses partenaires le Cluster Quartier de la création et Stereolux dans le cadre d’un projet commun intitulé La Centrale.

La Centrale : appliquer la méthodologie Urban Living Lab pour favoriser l’innovation

A l’occasion de la transformation de l’ancienne Centrale des artisans coiffeurs en un hôtel d’entreprises orienté médias et transmedias, L’École de design Nantes Atlantique, le Cluster Quartier de la création et Stereolux se sont réunis pour imaginer de nouveaux services. Le but ? À partir d’objets existants fournis par des industriels (une borne Clearchannel, des lumières Blachère et un portail LIPPI) proposer une façon de les détourner qui offrirait un nouveau service. Les étudiants et participants ont proposé 3 concepts : une borne multimédia servant d’interface d’accueil pour informer, guider et communiquer, un portail connecté qui permettrait de gérer l’occupation du parking et une façade communicante qui, grâce à la lumière, rendrait compte de l’activité du bâtiment et lui donnerait une nouvelle identité. Ces 3 concepts vont désormais être testés et évalués par les usagers de La Centrale qui, grâce à leurs retours, viendront alimenter ces nouveaux services, dans une démarche d’innovation ouverte.

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La Centrale : un processus d’innovation ouverte et collaborative © Pumpkin Design

Encourager les processus collaboratifs

Au-delà de la conception d’objets ou de services, le designer endosse le rôle de facilitateur dans la mise en place de processus collaboratifs. Pas facile de prendre part à la décision quand on en n’a pas l’habitude, ce qui peut rebuter certains citoyens à s’intégrer dans des processus participatifs ou collaboratifs. Aujourd’hui, on est capable, grâce à la technologie, d’accéder à un certains nombres de données qui peuvent orienter les prises de décision. Mais le designer est là pour nous rappeler que cette donnée informelle et quantitative ne suffit pas : il faut partir à la recherche de choses plus fines, plus qualitatives qui ne s’obtiennent qu’en ayant une démarche centrée sur l’usager. En plus de la récolte de la donnée, le designer peut, avec des outils tels que le jeu et la mise en situation en endossant différents rôles, inviter les différents usagers à participer à la fabrique de leur ville en sortant d’une approche égocentrique qui consisterait à vouloir quelque chose uniquement parce que c’est bon pour moi.

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Le jeu et la mise en situation permettent de favoriser les processus collaboratifs © L’École de design Nantes Atlantique

Favoriser l’approche ouverte, collaborative et en conditions réelles est donc un véritable plus pour remporter l’adhésion du plus grand nombre en matière de fabrique de la ville. Et si ça ne marche pas ? Tant pis, on recommence autrement !

Par Zélia Darnault, enseignante.

Pour plus d’informations : les réflexions du présent article sont développées dans la première publication de la chaire Environnements connectés Banque Populaire Atlantique – LIPPI de L’École de design Nantes Atlantique : L’approche Urban Living Lab  – Design et opportunités d’une méthodologie expérimentale d’innovation urbaine (par Hilda Zara).

 

L'École de design Nantes Atlantique

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