De Manille à Mexico : deux regards pour sauver les mobilités urbaines

17 Oct 2016

Le partage des modes et la saturation du trafic routier – questions intimement liées – figurent parmi les problématiques urbaines les plus brûlantes du moment. A Paris, c’est notamment la controverse récente relative à la piétonnisation des voies sur berge de la rive droite de la Seine qui dominait le débat. Si l’on en croit le “Classement annuel mondial des villes les plus embouteillées” publié en mars dernier, « la congestion routière est globalement à la hausse dans le monde »… Pour y remédier, une multitude de solutions sont alors mobilisées à différentes échelles par les villes du globe. Parfois, les moyens mis en place à ces fins résultent d’acteurs privés voire des citadins eux-mêmes. Ci-suit, deux cas de figure enthousiasmants pour inspirer les villes qui souffrent de ce mal urbain contemporain.

Manille : les jeepneys électriques à la rescousse ?

Déjà évoquée dans ces colonnes pour quelques uns de ses modes de logements hallucinants, la capitale des Philippines tient son titre – rappelons-le – de ville la plus densément peuplée du monde… Le trafic routier se voit sans surprise dans une situation critique, comme l’exprime l’article d’Emma Howard publié en juin 2016 sur le Guardian, “Carmageddon: can electric jeepneys ease Manila’s traffic crisis ? » :

« During rush hour in Manila, it would be quicker to walk the 6.5km from Renee Karunungan’s family home to her office. Today we use public transport, and it takes almost two hours. We use a jeepney (a cross between a jeep and a van), a bus, then two more jeepneys and a motorised tricycle. The city’s 2.2 million vehicles frequently grind to a standstill, and it is not unusual for commuters to be stuck for for three to four hours. When torrential rains flood the city, it can be much worse.

[…] This is the city’s most dangerous street, responsible for more traffic casualties than any other. In the last two decades 57,000 pedestrians have been hit in Metro Manila; 3.2% were fatalities.

jeepneys manillaises urbain mobilite demain la ville

Mieux que le bus scolaire : les jeepneys manillaises ? – Crédits David Robinson sur le Flickr

Face à une situation aussi grave (certains politiques considèrent que Manille sera “inhabitable” à l’horizon 2020…), plusieurs projets urbanistiques sont bien sûre proposés : construction de routes supplémentaires, voies aériennes, développement du transport sur rails etc. A l’instar du cas parisien évoqué précédemment, l’argument de la densification des voies routières est évidemment considéré comme une très mauvaise idée par certains. Car si la suppression des routes entraîne à coup sûr une “évaporation” des voitures (cf l’article d’Olivier Razemon cité en introduction), l’inverse ne saurait fluidifier le trafic philippin mais bel et bien l’étoffer…

De fait, l’article nous rapporte que le meilleur remède pour améliorer le sort manillais s’incarnerait dans les transports en commun, qui plus est éléctriques ! Si les jeepneys représentent le mode de déplacement collectif le plus populaire dans la capitale philippine, le modèle mérite sans nul doute d’être repensé. L’introduction de véhicules verts dans cette métropole où la pollution est un véritable fléau est en effet primordial. De plus, miser sur les transports en commun contribue forcément – à l’inverse de la densification du réseau – à dissuader les automobilistes de sortir leurs véhicules du garage… La stratégie (notamment soutenue par les Etats Unis) ne fera peut-être pas des miracles mais paraît bel et bien être la bonne !

Mexico : le super-héros qui marchait pour faire reculer l’automobile

Passons au cas de Mexico, rapporté dans un autre article du Guardian en 2015. Pour le contexte, sachez que la capitale mexicaine a volé cette année la première place à Istanbul pour le lauréat de la ville la plus congestionnée du monde… Comme à Manille, la situation est critique, et particulièrement dangereuse pour les citadins se déplaçant à pied. Et devant les chiffres affollants de la mortalité piétonne, certains activistes se battent depuis longtemps pour sécuriser ces errances légitimes.

foule de couleurs et de modes mobilite

C’est quand même beau cette foule de couleurs et de modes – Crédits Design for Health sur Flickr

Since 2012, Mexico City has had a “superhero” defending its pedestrians: Peatónito, or Pedestrian Man. Three years after he first appeared on the streets, armed with a highway code and a white aerosol can to spray zebra crossings and pavements where none existed, Peatónito can take pride in the victories that he and his fellow transport rights activists have achieved. Together, they fight for a safer, more efficient way for people to get around the capital – which has 5.5m vehicles in circulation – on foot.

A la fois symbolique et efficace, le rôle de “Pedestrian Man” et de tous les marcheurs militants a finalement porté ses fruits dans les rues congestionnées de Mexico. En effet, l’article de Dulce Ramos relate notamment que le mouvement “Vision Zero” – un projet international pour sécuriser le trafic routier, lancé par la Suède en 1997 – a finalement été adopté dans la capitale mexicaine l’année dernière. Une petite victoire qui n’empêchera pas les activistes en marche de poursuivre leur lutte tant il y a à faire pour adoucir ces voies engourdies par l’automobile.

Pour aller plus loin :

[pop-up] urbain

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