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Après l’utopie, naissance des tiers-lieux

17 sept 2013
par Mathieu Barbaud, Qualité de vie , Pas de commentaire,

StarBucks s’en serait inspiré… Le concept de Tiers-Lieu selon le terme popularisé par un dénommé Gary Oldenburg en 1999, désigne des lieux de convivialité qui sont aussi le ferment de la vitalité d’une société et de sa démocratie. Une façon savante de dire que les cafés, les librairies et les salons de coiffure avaient et ont parfois encore une fonction sociale exemplaire en favorisant la rencontre, le partage et la créativité dans un cadre public informel favorisant la diversité.

© Nexteditor / Wikimedia Commons

Un second chez soi, chaleureux, donnant un sentiment d’appartenance mais aussi de liberté et favorisant le brassage d’idées… ni chez soi, ni au travail : le tiers-lieu. Un concept destiné à revivifier une évidence d’autrefois. Mais qui donne aussi naissance à de véritables réussites en terme d’aménagement d’espaces et d’usages nouveaux.

Amsterdam, la ville modèle des tiers lieux

© Deskmag / Wikimedia Commons

Les « Smart Work Center », sortes de lounge cosy mais conçus pour y travailler, essaiment. La municipalité s’est résolue à désengorger le trafic routier et à diminuer fortement les émissions de gaz à effet de serre en encourageant les actifs à travailler une journée par semaine dans un lieu adapté, près de chez eux, à portée de vélo. Première étape : montrer l’exemple en demandant aux employés municipaux de pratiquer cette forme moderne de travail à distance. Deuxième étape : encourager la création de Smart Work Center par diverses structures privées, associatives ou mixtes. Troisième étape : réduire le parc immobilier de la collectivité, une conséquence économique favorable de cette mutation, et encourager les entreprises à faire de même.

© Josh Hallett / Wikimedia Commons

A Paris, il y a quelques semaines, la Fonderie, organisme partenaire de la Région Ile de France, organisait une visite des sites de « Co-Working ». Une autre appellation désignant des lieux protéiformes mais partageant des points communs : une identité forte, une ambiance informelle et confortable de travail, des valeurs de collaboration et de partage. Certains de ces centres proposent aux travailleurs nomades de venir travailler pour la journée, d’autres vendent des abonnements mensuels à des travailleurs indépendants et dans d’autres lieux encore, il faut être coopté pour entrer dans la communauté. Tel lieu réunit des designers et des graphistes, tel autre, des développeurs informatiques, un autre encore des femmes travailleurs indépendants : le co-working space s’invente au fur et à mesure de son appropriation par ses usagers.

La tendance est forte : les hôtels traditionnels qui étaient déjà le lieu de repas d’affaires et de travail nomade, s’hybrident à leur tour : mutualisation d’espaces, tables communales, snack à prix cassés, forfait de demi-journée de travail dans les espaces communs… Même le Hilton, Holiday Inn, ou Accor s’y mettent !

Et puis, il y a les FabLab

© Rory Hyde / Wikimedia Commons

Un cran plus loin dans l’innovation. Imaginé à l’origine aux Etats-Unis à la fin des années 90, au sein du Massachusetts Institute of Technology (MIT), le concept de FabLab (contraction de  « Fabrication Laboratory »), un atelier de bricolage en commun, ouvert au public, souvent équipé de machines à commande numérique et acquis aux valeurs de l’OpenSource, se répand de par le monde. Un espace qui s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype, aux bricoleurs du XXIème siècle, aux ingénieurs, aux designers et aux artistes, aux hackers, aux étudiants désireux d’expérimenter leurs connaissances pratiques en électronique, en Conception/Fabrication assistée par ordinateur, en design … Un FabLab offre à ses utilisateurs la possibilité d’imaginer, de concevoir, de prototyper, de mettre au point et de tester pratiquement n’importe quel type d’objet, de service ou d’installation.

Fleur Pellerin, Ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique, a lancé cet été un « appel à projets d’aide au développement des ateliers de fabrication numérique », présupposant ainsi un potentiel de croissance fort pour ce nouveau modèle qui « pourrait constituer, à l’avenir, une part conséquente de notre activité économique. » Il semble que le FabLab serait donc bien loin d’une mode passagère ou d’un mouvement « underground… « Cette tendance correspond à un changement de paradigme de notre système économique, qui se traduit par une transposition dans le domaine de la fabrication des nouveaux types de relations qui ont émergés avec l’internet : nouveaux circuits de vente et de distribution, individualisation des activités, développement d’une culture de communauté et de partage, etc. Ainsi la fabrication numérique personnelle ouvre la porte, par exemple, à la vente à la demande, la personnalisation extrême des objets, à la réhabilitation de petites séries viables économiquement, ou encore à l’hyper-localisation de la production. » dixit le ministère. Et cerise sur le gâteau, la puissance de l’approche est décuplée l’effet réseau : un FabLab est généralement connecté au réseau mondial des FabLab qui catalyse la collaboration et mutualise les expertises.

 Dans la galaxie FabLab, il y a aussi les HackerSpace, les MakerSpace, les LivingLab… Avec à chaque fois une grande variété de définition et de pratiques. La grande caractéristique de ces lieux hybrides, c’est qu’ils répondent sans doute à une grande aspiration de vivre ensemble, de faire par soi-même librement, et de partager. Cette belle intention va sans doute emprunter encore beaucoup de chemins pour évoluer et trouver sa maturité.

Alors voici le nouveau test de la rentrée : « Co-Working Space, Télécentres, Smart Work Center, FabLab, Hackerspace, Makerspace, LivingLab… quel tiers-lieu êtes-vous » ?

 par Mathieu Barbaud, @Mathieu763

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