Cittaslow, vivre lentement et simplement la ville

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5 Oct 2016

Un escargot convoyant une ville sur sa coquille, tel est le logo du mouvement mondial Cittaslow qui concernait à l’origine les petites villes. Une mégapole où l’on prend le temps de vivre et de le faire bien, une gageure à l’avenir ?

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Milan fait partie du réseau « Cittaslow Metropole », au même titre que Rome et San Francisco. © Armin Gruber

Le réseau Cittaslow regroupe aujourd’hui 192 villes dans 29 pays. L’impulsion est venue d’Italie depuis le village d’Orvieto en Ombrie. Le mouvement, né en 1999, est la suite logique du Slow Food et réaffirme l’importance d’aller au-delà « du travail et de la productivité ». La réduction des pollutions lumineuse et sonore, la valorisation des grands arbres ou bien le développement de l’hospitalité sont quelques-uns des critères qui définissent la « ville lente ».  Mais les métropoles se prêtent-elles à l’exercice ? Il y a peu encore, une ville de 50 000 habitants ne pouvait prétendre devenir une « ville lente ». Le directeur du mouvement, Pier Giorgio Oliveti, les refusait car leur échelle était selon lui « sans mesure avec les capacités humaines de perception, de dialogue et de déplacement ». Mais l’époque a changé. 70% de l’humanité vivra en ville en 2050, d’où une nécessaire anticipation.

« Il n’y a pas de ville lente qui ne soit pas aussi intelligente »

Pier Giorgio Oliveti remarque un intérêt croissant des métropoles pour Cittaslow depuis 2010. Pour lui les innovations technologiques contemporaines peuvent recréer un mode de vie lent. « Il n’y a pas de ville lente qui ne soit pas aussi intelligente. Les infrastructures et la technologie sont essentielles. » C’est ainsi qu’une délégation de Wenzhou, une ville de 2 millions d’habitants, s’est rendue en 2015 en Italie au siège du mouvement afin d’apprendre comment « vivre lentement pouvait préserver l’héritage culturel chinois ».

Pour démontrer la possibilité de vivre « lentement et simplement » dans une mégapole, le chercheur William Powers du World Policy Institute a passé une année à Manhattan en changeant radicalement son mode de vie. Il a décrit son expérience dans le livre New Slow City : living simple in the world’s fastest city.

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Pour aider les gens à se déplacer sans leur voiture, la ville de Barcelone développe les pistes cyclables, de 100 km aujourd’hui à 300 km à terme. © Barcelona.cat

« Une forme de contre-culture »

« Nous n’avons pas d’autres choix que de ralentir. Ce n’est pas seulement le pic de pétrole, ce sont toutes les limites des ressources naturelles – énergétiques, minérales ou agricoles – qui nous contraignent à réduire notre empreinte écologique excessive. » Cittaslow se rapproche « d’une forme de contre-culture » pour le directeur du mouvement, les commerces de proximité étant préférés aux zones commerciales, les produits locaux aux produits importés. Seulement huit villages français appartiennent au label. Mais quid de nos grandes villes ? En effet, les démarches entreprises par Barcelone ou Tokyo démontrent la volonté et la possibilité de s’adapter doucement mais sûrement aux principes de la « ville lente ».

Barcelone :

Barcelone défend aujourd’hui le projet « Cittaslow Metropole », qui réunit Busan en Corée du Sud, San Francisco, mais aussi Rome et Milan. C’est en 2012 que Pier Giorgio Oliveti a donné une conférence à l’Institute for Advanced Architecture of Catalonia (IAAC) à propos de la ville lente. Les étudiants ont proposé de transformer les espaces urbains délaissés en sites dédiés à l’agriculture urbaine, pour justement « garder la nature à portée de main ». La ville cherche depuis à réduire la circulation automobile.

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La technologie doit se mettre au service de l’homme et de l’environnement. La ville de Busan s’est également montrée intéressée par la philosophie Cittaslow. © DR

Tokyo : 

On trouve à Tokyo le Sloth Club (club du paresseux, l’animal) fondé en 1999. Les membres du club privilégient les commerces locaux, la marche, les transports publics, etc. Ils défendent aussi l’idée pour les habitants de Tokyo d’éteindre les lumières 2 heures la nuit durant les solstices d’hiver et d’été pour « apprécier la lumière naturelle et promouvoir une utilisation moindre de l’électricité ».

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Shiniji Tsuji a co-fondé le Sloth Club en 1999. Il a publié un ouvrage « Slow is Beautiful » en 2001 qui a connu un écho très favorable au Japon et à Tokyo. © Nihondeikimasho

 

New Slow City : living simple in the world’s fastest city. New World Library, William Powers,  2014

 

 

 

Usbek & Rica
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Vos réactions

Camille D
5 octobre 2016

Il y a aussi le très bon livre « Slow Attitude, oser ralentir pour mieux vivre » de Sylvain Menétrey et Stéphane Szerman, qui évoque consacre un chapitre au Cittàslow !

Il permet de découvrir d’une façon globale les différents mouvements d’une modération joyeuse et durable : slow food, slow management, slow éducation…

Je le conseille à tous 🙂

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