Roubaix, ville zéro déchets

27 Jan 2016

La deuxième saison du défi des « familles zéro déchet » démarre ce mois-ci à Roubaix, ville pionnière dans la réduction des déchets ménagers. Un casting est lancé pour convaincre de nouvelles familles de participer à cette aventure.

L'école Albert Camus de Roubaix est l’un des quatre établissements scolaires estampillés « Zéro Dechet Test ». © Arnaud Loubry

L’école Albert Camus de Roubaix est l’un des quatre établissements scolaires estampillés « Zéro Dechet Test ». © Arnaud Loubry

101 familles ont pris part en 2015 à la démarche « zéro déchet » initiée par la ville de Roubaix. L’objectif de cette initiative : limiter le poids des poubelles des habitants, en réduisant de moitié leur production annuelle de déchets ménagers. À titre d’exemple, un Roubaisien produit en moyenne, chaque année, 306 kilos de déchets ménagers, dont 243 qui ne sont pas recyclés (ce n’est pas beaucoup plus qu’à Lille, où l’on en produit 232 kilos par an). En un an, les Roubaisiens ont réussi à réduire de 45% leur production de déchets. Un pari réussi et mobilisateur puisque la démarche réunit citoyens, pouvoirs publics, établissements scolaires, commerces, associations et acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Poules vs. déchets

La ville entend améliorer « le cadre de vie, le pouvoir d’achats des ménages et le développement durable des villes ». À l’origine, c’est Guillaume Delbar, le maire, qui a initié la démarche « zéro déchet », par ailleurs citée en exemple par le Cabinet de la Ministre de l’Écologie. Les volontaires bénéficient tout au long de l’année d’un accompagnement « à la carte » : échange de bonnes pratiques, ateliers thématiques, etc. Certains se sont même vus prêter des poules ! Une initiative pas si farfelue puisque le gallinacé élimine jusqu’à 100 grammes de déchets alimentaires par jour. « Zéro déchet, c’est mobilisateur au-delà des cultures, au-delà des identités. On est vraiment dans un projet commun, qui parle à tout le monde parce qu’on est tous des générateurs de déchets. Certains disent que c’est une utopie ; je pense que c’est un objectif réalisable », estime Alexandre Garcin, conseiller délégué au développement durable, particulièrement investi dans le projet « zéro déchet ».

Remettre en cause nos manières de consommer

À Capannori, en Toscane, ville pionnière de la démarche « zéro déchet » en Europe, la production de déchets est passée de 290 kg par an et par habitant à 70 kg en quelques années. « On remet tout en cause, c’est là que ça devient intéressant. C’est un voyage avant d’être une destination. C’est petit à petit, en remettant en cause nos manières de consommer et de vivre qu’on y arrivera », ajoute Alexandre Garcin. Rossano Ercolini, enseignant à l’origine de l’expérience toscane, a gagné le Goldman Environmental Prize en 2013. « Là-bas, ce qui a rendu la chose possible, c’est la fierté. Nous, on sera très fier le jour où on aura réussi, le jour où Roubaix sera l’exemple à suivre. »

Moins lourd pour la poubelle… et le porte-monnaie

Huit millions de personnes ont déjà consulté le blog de Bea Johnson, ici lors d'une conférence à Roubaix. ©Arnaud Loubry

Huit millions de personnes ont déjà consulté le blog de Bea Johnson, ici lors d’une conférence à Roubaix. ©Arnaud Loubry

Auteure du best-seller Zéro Déchet (Les Arènes, 2013), la Franco-Américaine Bea Johnson a l’habitude de livrer ses secrets pour produire seulement l’équivalent d’un litre de déchets par an. Et de faire, par la même occasion, de substantielles économies. D’après elle, la ville de Roubaix a déjà réussi à « prouver que le Zéro Déchet peut s’appliquer à grande échelle, qu’il ne s’agit pas d’une utopie, mais d’une cible réelle qui amène à des résultats ». Roubaix compte aussi sur le soutien actif de l’association Zéro Waste France, chargée de la mise en place d’ateliers de sensibilisation.

Créer une « ville circulaire »

Alexandre Garcin, délégué au développement durable et porteur du projet « zéro déchet ». © Arnaud Loubry

Alexandre Garcin, délégué au développement durable et porteur du projet « zéro déchet ». © Arnaud Loubry

Quatre écoles « Zéro Déchet Test » sont également associées à cette démarche citoyenne. « Grâce à la mise en place d’actions concrètes avec l’aide de la mairie, nous avons depuis la rentrée des classes limité le gaspillage à la cantine, créé des zones d’apport volontaire de biodéchets, mis en œuvre le tri systématique et supprimé l’emballage des goûters », explique Mme Courrier, directrice de l’école Buffon à Roubaix. « Chaque déchet doit devenir une ressource et chaque ressource être réutilisée au mieux», avance Alexandre Garcin, qui se félicite de « ce vrai projet d’avenir censé créer une ville circulaire. En plus de l’aspect environnemental évident, cela répond à un vrai besoin de pouvoir d’achat sur un territoire où la population est souvent défavorisée. » La ville voisine de Tourcoing se dit aussi intéressée par la démarche. Gageons que cette expérience accessible à tous recevra également un écho ailleurs en France.

Usbek & Rica

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