Résilience urbaine : New York City ou la force de rebondir

10 Avr 2017

Au cours des siècles, New York s’est adaptée aux crises qui l’ont ébranlée : incendies, épidémies, flux de migrants, émeutes, pics de chômage, criminalité, attentats, inondations… Après chaque « coup » qui lui est porté, la ville se relève grâce à ses formidables ressources économiques et à l’énergie de ses habitants. Aujourd’hui, ses autorités tentent aussi d’anticiper les crises à venir, notamment liées aux conséquences des bouleversements climatiques.

Plan de Manhattan montrant le plan grille établi par les membres de la Commission en 1811.

Plan de Manhattan montrant le plan grille établi par les membres de la Commission en 1811. © Collection of the New-York Historical Society, USA/Bridgeman Images

L’élan d’une jeune métropole

Dès 1811, l’imposition d’un plan en grille permet d’organiser le développement de la ville avec la création, en 1857, de l’immense poumon vert que constitue Central Park. En 1898, la division de New York en cinq secteurs – Manhattan, Brooklyn, le Bronx, le Queens et Staten Island – achève de donner à la ville la structure qui la caractérise et va perdurer malgré plusieurs crises graves. Déjà en 1834, une épidémie de fièvre jaune et de choléra frappe durement la nouvelle métropole nationale, port d’entrée de la plupart des immigrants – le pays en accueille quatre millions entre 1820 et 1860. Un an plus tard, le Grand Incendie détruit 674 immeubles au sud de Manhattan et les habitants s’appliquent à tout reconstruire. Dix ans après, survient un autre incendie presque aussi dévastateur, suivi quatre ans plus tard par une importante épidémie de choléra. Des acteurs de la société civile s’attaquent à l’habitat insalubre et commencent à monter des opérations innovantes en guise de modèles.

Illustration du Grand Incendie de 1835 au sud de Manhattan

Illustration du Grand Incendie de 1835 au sud de Manhattan. © THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY

Au lendemain d’émeutes qui éclatent en 1863, une première loi complète sur l’habitat est enfin votée à New York, avec un volet spécifique consacré au logement ouvrier. C’est un premier pas en direction du Public Housing des années 1950. Le logement social géré par la NYCHA (New York City Housing Authority) représente aujourd’hui 5,8 % du parc new-yorkais total (un tiers du pourcentage parisien). Cette structure bien organisée entretient ses tours qui échappent ainsi à la vague de démolition que connaissent d’autres villes américaines.

Une rue de Manhattan vers 1900

Une rue de Manhattan vers 1900. © LIBRARY OF CONGRESS WASHINGTON

Reconstruire : The Big One, nouveau sommet de Manhattan

Vue depuis le sommet de Two World Center, projet de Bjarke Ingels

Vue depuis le sommet de Two World Center, projet de Bjarke Ingels (BIG). © BIG

Le 11 septembre 2001, les deux tours du World Trade Center s’effondrent à la suite des attaques terroristes d’Al-Qaïda, faisant 2 983 victimes. Le maire formule aussitôt le vœu de reconstruire ce complexe composé d’immeubles d’affaires, avec l’accord de son propriétaire. Un projet exemplaire est finalement arrêté avec six tours à la clef. Trois d’entre elles sont aujourd’hui réalisées, une quatrième en chantier. One World Trade Center crève ainsi la skyline du haut de ses 541 mètres. Une autre tour à l’étude devrait la seconder, plus spectaculaire. Le marché new-yorkais du bureau restant extrêmement tendu, l’achèvement du projet est en bonne voie. En bas, le pavillon d’accès au réseau de transports publics rivalise d’élégance avec le musée consacré à la tragédie du 11 septembre et les jardins du mémorial.

Ce site est ainsi à la fois un lieu de mémoire et un lieu d’activité qui doit redonner vie à ce quartier dans lequel l’appréhension persiste pour certains habitants, quinze ans après.

Vue du Two World Center (WTC2) en projet à côté du One World Trade Center (WTC1)

Vue du Two World Center (WTC2) en projet à côté du One World Trade Center (WTC1). © BIG

Architectes du nouveau World Trade Center :

WTC1 : David Childs/agence SOM, 2014 ;

WTC2 : Bjarke Ingels, à l’étude ;

WTC3 : Richard Rogers et Silverstein Properties, 2018 ;

WTC4 : Fumihiko Maki, 2013 ;

WTC5 : Kohn Pedersen Fox ;

WTC7 : SOM, 2006

Musée du 11-Septembre : Snøhetta et Davis Brody Bond,2013

Jardins du mémorial : Michael Arad et Peter Walker,2014

Pavillon d’accès aux transports publics : Santiago Calatrava, 2016

 

Anticiper : The Big U, un écrin protecteur pour Manhattan

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Le projet baptisé Big U protègera la pointe sud de Manhattan des inondations et des eaux pluviales. © BIG

Après le passage destructeur de l’ouragan Sandy en 2012, les zones les plus touchées de New York, New Jersey et Long Island font l’objet d’un concours ouvert nommé Rebuild by Design dans le but de les protéger contre les inondations et les eaux pluviales. Parmi les six équipes choisies à l’été 2014, l’agence danoise BIG hérite de l’emblématique pointe sud de l’île de Manhattan. Baptisé « Big U », son système de digues propose, le long des 16 kilomètres de rives à traiter, des aménagements ponctuels au design innovant. Tel un collier de perles, le projet intègre la construction de nouveaux équipements ludiques, sportifs et sociaux à destination des habitants, largement consultés pour leur programmation.

Lauréats du concours Rebuild by design (2013-2014) :

Berges de l’Hudson dans le New Jersey : OMA

Staten Island : Scape/Landscape Architecture

Bronx : PennDesign/OLIN

The Meadowlands : MIT CAU + ZUS + URBANISTEN

Long Island : Interboro Team

Moitié sud de Manhattan (« The BIG U ») : BIG

Budget total : 920 M$

Demain la Ville

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