Réinventer un commerce en crise : le bureau de tabac (2/2)

9 Fév 2017

Dans un premier volet, nous vous avons présenté le contexte qui a mené les étudiants du Design Lab Ville Durable de l’École de design Nantes Atlantique à s’intéresser à l’avenir des tabacs-presse, nous invitant ainsi à repenser nos rapports au service et à la proximité, à utiliser les ressources locales et le numérique à bon escient. Retours sur leurs propositions encadrées par les designers Giulia Sola et Benjamin Walsh et présentées à Losangexpo, le Salon des buralistes.

 

« In So Go Up » : adaptabilité, identité et fonctions

Le projet « In So Go Up » porté par Augustin Le Claire, Camille Pelletier et Siya Wang a pour principes de bases l’adaptabilité et la modularité. Bien souvent, l’espace et l’agencement d’un bureau de tabac se ressemble, que l’on soit à un coin ou un autre de la France. Pourtant, la clientèle n’est pas la même en quartier d’affaires, en zone littorale, en centre-ville dynamique ou en zone rurale. Ses attentes et ses besoins profonds diffèrent eux aussi. Avec ce projet, c’est au buraliste de choisir parmi quatre ambiances, associées à des services et options, la couleur, et donc l’âme et l’identité profonde qu’il veut donner à son commerce. Ainsi, il peut s’adapter à son espace mais aussi aux exigences de sa clientèle. Le commerce devient donc un lieu où l’on va ajouter ou modifier des fonctions selon les attentes et besoins détectés de la clientèle. Par exemple, en zone rurale, il pourrait être intéressant de s’associer avec les commerçants locaux pour proposer un corner de produits régionaux. En zone littorale, on insistera davantage sur les produits saisonniers et les souvenirs, tandis qu’en centre d’affaires, on pourra proposer une ambiance et des produits plus hauts de gamme. Le buraliste est donc remis au centre du projet car c’est à lui qu’incombe la responsabilité de moduler son espace comme il le souhaite.

in so go up batiment demain la ville aménagement urbain

Exemple d’agencement possible pour un bureau de tabac situé en zone littorale © L’École de design Nantes Atlantique

 

in so go up commerce batiment

« In So Go Up » : adaptabilité, identité et fonctions © L’École de design Nantes Atlantique

« L’Arène » : redynamiser l’activité par de nouveaux services

Pour leur projet, Élise Lecuyer, Maxime Sérazin et Mathilde Riha sont partis d’une observation : « les bureaux de tabac s’organisent généralement sous la forme ci-dessus. Nous avions remarqué que la zone centrale, de vente, n’était pas dynamique alors que celle-ci était parfois de très grande taille. Ainsi la zone de vente s’organisait sur les pourtours de l’espace créant une ambiance et une circulation monotone ».

analyse existant arene batiment

Analyse de l’existant © L’École de design Nantes Atlantique

Les étudiants proposent une rupture avec cet agencement traditionnel. A la manière d’une arène, le centre devient dynamique, un véritable cœur qui ferait vivre le commerce. Mais dans une arène, le spectacle n’est pas que sur la scène : l’action qui s’y déroule permet de faire rayonner des zones d’actions secondaires, car les spectateurs ne sont jamais totalement passifs. Ainsi, des points de vente s’organiseraient autour de cette place centrale multi-usages.

proposition design rupture batiment aménagement urbain

La proposition design : une rupture avec l’existant et un déplacement du cœur de l’activité vers le centre © L’École de design Nantes Atlantique.

Cette nouvelle place centrale peut ainsi permettre d’accueillir de nouvelles activités : des animations ponctuelles, des producteurs locaux ou encore un espace de détente. Dès lors, la circulation se fait plus aisément et sans laisser d’espaces morts.

arene visuel comptoir local batiment demain la ville aménagement urbain

Vue générale du local derrière le comptoir, coin presse, place centrale, producteurs locaux, coin cadeaux © L’École de design Nantes Atlantique

 

« La maison » : relation, création d’un lien entre intérieur et extérieur

Lisa Gaudin, Camille Chevroton et Ying Tang ont, quant à elles, choisi de travailler sur la frontière entre le commerce de proximité et l’espace public afin de faire davantage du bureau de tabac une partie prenante de son environnement. Elles ont donc choisi d’investir l’espace public devant le bureau de tabac, et pour elles, cette audace se révèle tout à fait réalisable « car nous proposons un espace public qualitatif qui améliore la qualité de vie au sein de la commune, de la ville ou du village ». Pour elles, le bureau de tabac fonctionne dans un environnement, celui de son écosystème immédiat. Pourquoi ne pas alors en profiter pour mutualiser cet espace public et proposer des services pour tous : stationnement pour un foodtruck, dépôt de pain, café-vélo… C’est en proposant davantage de porosité entre l’intérieur et l’extérieur que l’on incitera les gens à entrer et donc à devenir usagers du commerce.

maison relation tabac design batiment demain la ville

© L’École de design Nantes Atlantique

maison relation tabac design batiment demain la ville

© L’École de design Nantes Atlantique

maison relation tabac design batiment demain la ville

© L’École de design Nantes Atlantique

maison relation tabac design batiment demain la ville

© L’École de design Nantes Atlantique

Avec ces différents projets, les étudiants proposent des moteurs d’idées et d’innovations. Ils invitent à réinventer un commerce à l’image vieillissante en l’ancrant davantage dans son environnement et dans son écosystème, afin que la proximité demeure son atout majeur.

Par Zélia Darnault, enseignante à l’École de design Nantes Atlantique

 

L'École de design Nantes Atlantique

Réagissez sur le sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiéeTous les Champs sont obligatoires

 

articles sur le même thème


Connexion
Inscription
  • Vous avez déjà un compte identifiez-vous
  • Mot de passe oublié ?
  • Vous n'avez pas de compte, créez le ici
  • * Champs obligatoires
  • Max 200ko / Min 100x100px
    choisir