Réchauffement climatique : quand les villes montrent l’exemple

1 Déc 2015

Alors que la COP 21 vient de démarrer à Paris, focus sur la politique écologique engagée par quatre villes qui montrent l’exemple à suivre en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Vancouver : agriculture urbaine et architecture durable

Le quartier du West End, à Vancouver, où se situe le renommé Stanley Park, avec les Rocheuses en arrière-plan  Copyright : © DR

Le quartier du West End, à Vancouver, où se situe le renommé Stanley Park, avec les Rocheuses en arrière-plan. Copyright : © DR

La cité de l’extrême-ouest canadien montre l’exemple en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Réputée pour un cadre de vie exceptionnel, à mi-chemin entre l’Océan Pacifique et les Rocheuses, Vancouver s’est fixée l’objectif un peu fou d’être « la ville plus verte au monde en 2020 ». « Ici, il y a une culture, une conscience écologique unique, que nous partageons avec des villes comme Seattle ou Portland », se félicite Sean Pander, responsable de la commission du Développement durable de la municipalité. La ville a déjà réussi à réduire de 33% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 2007 en éliminant progressivement le recours aux énergies fossiles. Autre mesure forte : le soutien à l’agriculture urbaine avec le développement de jardins communautaires et la création de marchés publics pour la vente des produits de la région. Même la chaleur des égouts est recyclée pour alimenter en chauffage le quartier de Southeast False Creek. Par ailleurs, Vancouver a mis au point son propre code du bâtiment : tous les bâtiments qui seront érigés dans la métropole à partir de 2020 devront être conçus de façon à avoir une empreinte carbone nulle. Ce n’est pas un hasard si Mathis Wackernagel, le théoricien de l’empreinte écologique, a soutenu sa thèse à Vancouver il y a de cela une vingtaine d’années. À l’époque, le chercheur d’origine suisse entendait déjà démontrer la diversité des moyens dont disposent les humains pour évaluer les pressions qu’ils exercent sur les ressources naturelles. Enfin, la préoccupation écologique se traduit aussi à Vancouver par la priorité donnée à une architecture respectueuse de l’environnement. La ville est ainsi à l’origine du mouvement « Green Building », qui prône des bâtiments 100% durables.

Copenhague : vélo et végétalisation

L’un des grands atouts de Copenhague est la place accordée aux cyclistes. Copyright : © DR

L’un des grands atouts de Copenhague est la place accordée aux cyclistes. Copyright : © DR

En 2014, la capitale danoise a remporté le titre de « Capitale verte de l’Europe ». LA preuve que les efforts engagés par la municipalité en matière de protection de l’environnement n’étaient pas vains. « Cette récompense est une reconnaissance internationale des efforts consacrés par Copenhague à la création d’une ville verte et durable, jouissant d’une qualité de vie élevée. Dans le même temps, nous voulons apprendre des autres villes dans toute l’Europe, pour que Copenhague fasse encore mieux au niveau de son cadre de vie et de son environnement économique », déclarait Frank Jensen, le maire de la ville, lors de la remise du prix. Quel est le secret de la recette écologique danoise ? D’abord, la priorité accordée aux modes de transport doux, et en particulier au vélo, dont Copenhague est l’autre capitale européenne avec Amsterdam. Aujourd’hui, près de 55 % des habitants de Copenhague se rendent au travail, à l’école et à l’université en bicyclette. La voiture n’est plus utilisée que par 25% des habitants… Toute la planification urbaine a été pensée pour faciliter les déplacements non polluants, mais aussi pour laisser la nature pénétrer dans la ville. Situé dans le quartier de Vesterbro, l’îlot Hedebygade, longtemps réputé comme un quartier « chaud », a été totalement restauré. À tel point qu’aujourd’hui, ses dix-neuf blocs font office de modèle en matière d’’isolation des façades, d’utilisation des plantes grimpantes, d’aménagement de toitures végétalisées ou de réseaux de chaleur basse température.

Malmö : l’art de la réhabilitation durable

La tour du Turning Torso, à Malmö,  s'élève à 190 mètres de hauteur. Elle a été conçue par l'architecte espagnol Santiago Calatrava Valls. Copyright : © DR

La tour du Turning Torso, à Malmö, s’élève à 190 mètres de hauteur. Elle a été conçue par l’architecte espagnol Santiago Calatrava Valls.
Copyright : © DR

Longtemps décrite comme une ville sinistrée à cause de la désindustrialisation, Malmö est désormais citée en exemple du savoir-faire suédois en matière d’écologie urbaine. Pistes cyclables, jardins suspendus, panneaux solaires, essor du commerce équitable… Le site officiel « Visit Sweden » rappelle le chemin parcouru par la ville natale de Zlatan Ibrahimovic. « Si vous aviez visité Malmö à la fin des années 1980, vous auriez ressenti l’onde de choc provoquée par le licenciement de milliers d’ouvriers du chantier naval de Kockum et l’atmosphère de désespoir et de déclin qui pesait sur la plus grande ville de la province de Scanie. » Le quartier de Västra Hamnen (« port occidental » en suédois) est emblématique du renouveau de Malmö. Dès 1998, la municipalité a initié sur place une politique environnementale ambitieuse, s’articulant autour de trois axes majeurs : la réduction de 25% des émissions de CO2 d’ici à 2005, 60% d’énergies renouvelables dans le total des énergies consommées à l’horizon 2010, et le maintien de la biodiversité locale. Le renfort d’architectes de renom a permis de faire de Västra Hamnen, désormais connu sous le nom d’écoquartier BO-01, un modèle en matière de réhabilitation urbaine.

Singapour, la Cité-Jardin à la pointe en Asie

L'atmosphère nocturne dégagée par les Supertrees de Singapour rappelle l’esthétique du film Avatar, réalisé par James Cameron en 2009. Copyright : © Tee_Eric / Wikimedia

L’atmosphère nocturne dégagée par les Supertrees de Singapour rappelle l’esthétique du film Avatar, réalisé par James Cameron en 2009. Copyright : © Tee_Eric / Wikimedia

Gardens by the Bay. Tel est le nom du projet résolument futuriste conçu par les bureaux d’architectes Wilkinson Eyre et Grant Associates pour la cité-État de Singapour et récompensé en 2012 par le prix du World Architecture Festival. Aux yeux du Premier ministre singapourier, Lee Hsien Loong, cette prouesse architecturale permet de distinguer sa ville dans le monde entier, un peu comme Hyde Park à Londres ou Central Park à New York. Trois jardins répartis sur 101 hectares symbolisent la détermination de Singapour de devenir, une « cité-jardin » à la pointe de la technologie et de la recherche. Une canopée artificielle s’élevant de 25 à 50 mètres au-dessus du sol fait désormais face au quartier d’affaires. Les douze « supertrees », qui servent de nichoirs pour les oiseaux mais aussi de lieu de reproduction pour les insectes, y côtoient les deux plus grandes serres du monde : le « dôme des fleurs » et « la forêt tropicale. » Avec ce projet, les architectes ont voulu alerter sur les dangers du réchauffement climatique pour la biodiversité : « Le défi majeur était d’apporter la haute luminosité requise par les plantes tout en minimisant les impacts de la chaleur des rayons du soleil. » Pour éveiller la conscience écologique des habitants et des touristes, 250 000 plantes rares ou en voie d’extinction se développent au sein des biomes. Une spectaculaire mise en avant de la biodiversité dans une ville plutôt connue son hyperdensité. La nuit, les « arbres » de Gardens by the Bay s’illuminent grâce à l’énergie solaire captée durant la journée par des panneaux photovoltaïques ; une jungle colorée et hallucinée qui entend incarner un intérêt profond porté pour la sauvegarde d’un patrimoine naturel mondial désormais en péril.

Usbek & Rica

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