Pour une réduction durable de notre empreinte écologique

18 Fév 2016

Dire que le tabac est dangereux suffit-il à nous faire arrêter de fumer ? Bien sûr que non, car on oublie l’impact des habitudes, du plaisir ou encore de l’image. Il en va de même en ce qui concerne la protection de notre environnement. Les discours alarmistes, pessimistes et culpabilisateurs dont on nous abreuve à longueur de temps n’ont fait que montrer leur inefficacité. Un nouveau mode de communiquer et d’agir est désormais nécessaire. Et le buzz provoqué par la vidéo décalée de Nicolas Hulot à l’aube de la COP 21 en témoigne. Alors comment passer enfin à l’action ? Tour d’horizon de différentes solutions.

La technologie au service de notre environnement

Aujourd’hui, la technologie semble avoir réponse à tout. Et en matière de réduction de l’empreinte écologique, elle semble avoir son mot à dire. Le concept de smart city renferme à lui seul un certain nombre de possibilités en la matière.

Que ce soit en matière de domotique intelligente, grâce auxquelles on peut par exemple contrôler ses consommations depuis son smartphone, ou bien par le déploiement de smartgrids à l’échelle d’immeubles ou de quartiers entiers, les avancées semblent prometteuses. La technologie nous permet aussi aujourd’hui de construire mieux : fini les passoires énergétiques des années 1960, place aux bâtiments à énergie positive qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment.

Mais le tout technologique n’est pas une solution durable. En effet, de nombreuses études nous montrent que si ces bâtiments de sont pas utilisés correctement, la technologie ne sert à rien et l’impact peut parfois être encore plus négatif. De plus, être assisté à outrance n’aide pas forcément à se rendre véritablement compte de l’effet de nos actions.

Les smartgrids : une technologie au service de notre environnement © Alexandra Abidji, d'après ERDF

Les smartgrids : une technologie au service de notre environnement © Alexandra Abidji, d’après ERDF

Changer pour gagner !

Afin de pallier les lacunes du tout technologique, certaines collectivités reviennent à la bonne vieille méthode du gain pour amener au changement. Quoi de mieux que le défi ou le challenge pour réveiller des consciences dormantes ?

C’est par exemple le concept du défi des familles à énergie positives organisé sur tout le territoire français. Le but est simple : montrer qu’il est « possible de lutter efficacement contre les émissions de gaz à effet de serre en participant à une action concrète, mesurable et conviviale ». Par équipe, on tente ainsi d’atteindre  au moins une réduction de 8% de nos consommations d’énergie (suivant les recommandations du protocole de Kyoto). Et pour les aider, des conseils, des astuces ou encore du matériel permettant d’effectuer un audit des consommations sont fournis. Et le gain n’est pas que symbolique puisque les factures s’en ressentent.

Les familles à énergie positive, ou comment changer grâce au défi

Les familles à énergie positive, ou comment changer grâce au défi

Accompagner le changement par le design

La difficulté à traduire, comprendre et agir est favorisée par une projection difficile dans un monde à +2°C, que l’on nous décrit différent, mais auquel nous n’avons pas le sentiment d’appartenir.

Cette perte de maîtrise des conséquences de nos comportements entraîne un abandon progressif de l’intérêt commun pour les enjeux du développement durable et, plus largement, une méconnaissance de ce qui est en train de se jouer pour notre avenir. Comment donc accompagner l’usager dans son changement de comportement et l’impliquer dans la réduction de son empreinte écologique afin d’amorcer un changement durable de son mode de vie ? Et si une des réponses à proposer venait du design ? La notion d’empreinte écologique sous-entend que ce que je prends, consomme et gaspille, je ne laisse pas la possibilité à autrui de faire de même. C’est pourquoi la matérialisation de cette empreinte écologique est importante dans le processus de changement de comportement.

L’accompagnement proposé par le design consiste à mettre le citoyen face à l’impact de sa propre vie. Il doit prendre conscience par lui-même du rôle qu’il peut jouer, en se questionnant sur son comportement. Le choix de s’impliquer dans la réduction de son empreinte écologique lui appartient. On pourrait ainsi imaginer, via une approche éducative, inciter par un dispositif offrant une visibilité complète sur l’ensemble des consommations et pollutions qui interviennent dans notre quotidien en temps réel. Le designer apporte ainsi un nouveau support pour introduire le dialogue, la discussion sur l’empreinte écologique au sein du foyer.

Le design ici amène à la réconciliation des notions de niveau de vie et confort individuel avec la conscience collective et les enjeux du développement durable.

Le designer : un accompagnateur dans le processus de changement ©Alexandra Abidji

Le designer : un accompagnateur dans le processus de changement ©Alexandra Abidji

Par Alexandra Abidji, étudiante en cinquième année à l’École de design Nantes Atlantique, cycle Master Ville Durable, et Zélia Darnault, enseignante.

L'École de design Nantes Atlantique

Réagissez sur le sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiéeTous les Champs sont obligatoires

 

articles sur le même thème


Connexion
Inscription
  • Vous avez déjà un compte identifiez-vous
  • Mot de passe oublié ?
  • Vous n'avez pas de compte, créez le ici
  • * Champs obligatoires
  • Max 200ko / Min 100x100px
    choisir