Pour une approche écosystémique de l’espace urbain

21 Mai 2015

C’est à travers la ville, qui est notre principal habitat, que le développement durable est en train de s’installer. Car elle est la clé de l’innovation et de l’expérimentation, que ce soit sur le plan des technologies, de l’organisation, de la gouvernance et de l’action sociale. Pourtant, les spécialistes ne conçoivent en général que deux types de réponses pour les villes durables : la réponse individuelle chez soi, et la réponse gouvernementale à l’échelle nationale. Qu’en est-il de l’exploration du niveau intermédiaire, celui des communautés ? Changer d’échelle pour s’intéresser au quartier permet de faire apparaître sur la scène de l’espace public un concepteur d’un genre nouveau : le designer urbain. Car cette approche permet de se centrer sur les usages et les usagers pour créer une nouvelle manière de consommer l’espace public inutilisé de la ville. Comment peut-on redynamiser l’espace urbain grâce à une approche écosystèmique ? Quels nouveaux usages pour les espaces publics délaissés ? Réponses de designers.

Quartier ecosystémique. Crédits : Elsa Semin

Redynamiser le quartier par une approche écosystémique ? Crédits : Elsa Semin

L’approche écosystémique pour redynamiser le quartier

Le designer urbain, dans un souci d’équilibrer les rapports entre les citoyens et la nature, peut orchestrer et mettre en relation les envies de chacun. L’appropriation citoyenne raisonnée de l’espace public est alors possible. C’est en façonnant, par petites touches et à des endroits divers, en abordant le quartier par une approche écosystèmique que le designer peut intervenir. Cette approche est une manière nouvelle d’amorcer un travail prospectif sur l’avenir de la ville de demain. Elle initie de nouveaux rapports entre l’homme, l’espace et la nature. Ramener les lieux de production au plus près des lieux de consommation, échanger entre les différentes générations, préserver la biodiversité, apprendre et informer sur les pratiques durables, voilà un écosystème inédit qui se dessine. Dans les lieux publics, de passage ou les places vides, aux abords des frontages ou dans les friches urbaines, la ville est à ré-inventer. Chaque solution peut y jouer un rôle, et doit naître du dialogue et de l’imaginaire collectif des citoyens, associations, professionnels, politiques. Un quartier, par ses activités, ses habitants, consomme un espace. A l’heure où l’espace dans une ville devient une source rare et que la densification se fait de plus en plus ressentir, les lieux inactifs deviennent un terrain de jeux pour le designer.

Approche écosystémique. Crédits : Elsa Semin

L’approche écosystémique. Crédits : Elsa Semin

Le projet Oïkos Lab

C’est le cas du projet Oïkos Lab, un laboratoire urbain expérimental implanté à la Chapelle-sur-Erdre (44), monté par Elsa Semin, étudiante en 5ème année à l’Ecole de Design Nantes Atlantique, en collaboration avec l’association Du jardin au paysage. Le point de départ : une friche urbaine avec un bâtiment inutilisé, juxtaposée à l’école primaire du quartier, vite perçue comme un véritable potentiel pour crer une vie de quartier. Elle devient le lieu de rencontres, de partages de savoir-faire locaux et responsables. Elsa a repensé les relations entre les acteurs locaux pour utiliser de façon intelligente les ressources du territoire : récupération de matériaux non utilisés, récupération d’eaux pluviales et de déchets organiques. Pour elle, « l’être humain est spontanément stimulé et attiré par l’activité et la présence d’autrui. En adoptant des visées plus larges que la simple mise en place de mobiliers urbains, le designer urbain peut déclencher un processus positif d’activités qui animent l’espace ». Le designer urbain peut proposer des activités pédagogiques, commerciales, mettant à disposition des services pour les usagers : lire, discuter, boire un verre, jardiner, bricoler dans un cadre original et apaisant en lien direct avec la nature. La friche urbaine deviendra non seulement une source de production et de lien social pour les habitants mais aussi une opportunité d’augmenter la valeur foncière et la qualité de vie d’un quartier assujetti à de profondes mutations sociétales.

Oïkos Lab. Crédits : Elsa Semin

Le projet Oïkos Lab d’Elsa Semin. Crédits : Elsa Semin

La ville durable représente un changement radical de notre manière de penser et de voir les choses. C’est avec la participation active de la population et l’adaptation facile à son milieu de vie que le changement pourra s’opérer. Ainsi l’objectif de la vision écosystémique par le designer urbain est d’offrir une variété de projets microurbains pour aménager une ville à l’échelle humaine, où l’homme occupe la place centrale en harmonie avec son environnement naturel. C’est en recréant le lien entre les humains et la nature que le modèle urbain pourra avancer vers un système vertueux et résilient.

Par Elsa Semin, étudiante en cinquième année à l’Ecole de Design Nantes Atlantique option Mutations du cadre bâti, et Zélia Darnault, enseignante.

L'École de design Nantes Atlantique

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