Pavillon circulaire : manifeste pour une architecture durable

8 Déc 2015

Situé juste en face de l’Hôtel de Ville de Paris, le Pavillon circulaire, ouvert au public jusqu’au 3 janvier prochain, permet de découvrir l’histoire et les promesses de l’économie circulaire. Visite guidée.

180 portes palières ont été réutilisées pour fabriquer la structure de la façade du Pavillon circulaire. Copyright : © Pavillon de l'Arsenal

180 portes palières ont été réutilisées pour fabriquer la structure de la façade du Pavillon circulaire.
Crédits : © Pavillon de l’Arsenal

Avec sa façade constituée de portes tournées à 45 degrés et son toit en dents de scie, l’édifice a de quoi interpeller les passants. Conçu par Nicola Delon et Julien Choppin, membres fondateurs du collectif d’architectes Encore Heureux, le Pavillon circulaire est une construction éphémère, aménagée dans le cadre de la COP 21 sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. Un bâtiment qui illustre jusque dans sa structure le potentiel de créativité sous-tendu par le concept d’économie circulaire. Ce projet a été initié par le Pavillon de l’Arsenal, à l’origine de l’exposition « Matière grise » (septembre 2013-janvier 2014), dont le collectif Encore Heureux avait assuré le commissariat et la scénographie et qui avait pour objet d’appeler à « reconsidérer l’usage de la matière en architecture » et de chercher « un nouveau paradigme constructif », notamment à travers la réutilisation intelligente des déchets.

Comprendre le potentiel d’une matière

Le Pavillon circulaire est ouvert  au public tous les jours jusqu’au 3 janvier 2016, de 10h à 19h. Copyright : © Pavillon de l'Arsenal

Le Pavillon circulaire est ouvert au public tous les jours jusqu’au 3 janvier 2016, de 10h à 19h.
Copyright : © Pavillon de l’Arsenal

Pour Nicola Delon, « l’enjeu du bâtiment est d’être un démonstrateur de ce qu’on appelle l’économie circulaire. À l’avenir, la matière va être de plus en plus précieuse, de plus en plus rare. Il faut qu’on change la façon dont on l’emploie. » La géométrie du pavillon, dont la surface avoisine les 70 m2, a été adaptée à l’échelle des portes palières. « Le fait de les placer à 45 degrés a été déterminant pour générer la forme et même les proportions du bâtiment. » Ici, l’enjeu du réemploi se traduit par la nécessité de « comprendre le potentiel d’une matière et, par le dessin et la conception, de lui trouver une nouvelle utilisation. » Autant de questions qui seront abordées dans le cadre des rencontres organisées au Pavillon circulaire les mardi 8 et 15 décembre, à partir de 18h30 (en partenariat avec Télérama).

« Nous avons été à la recherche de ce qu’on appelle des gisements de matières. Nous avons visité différents chantiers de réhabilitation, de construction et de démolition », explique l’architecte pour décrire sa démarche, dont la finalité est de construire avec le maximum de matériaux réemployés. « Les portes palières d’un immeuble de logements du XIXe arrondissement en sont l’exemple le plus frappant » ajoute Julien Choppin, qui refuse l’idée de proposer une architecture « misérabiliste » ou « bricolée » mais défend, au contraire, une « architecture différente, locale, écologique, qui engage des savoir-faire. » Pour concevoir leur Pavillon circulaire, Nicola Delon et Julien Choppin ont récupéré notamment de la laine de roche dans un centre commercial, des cimaises d’expositions temporaires, des chaises en bois dans des déchetteries et des luminaires déclassés d’éclairage urbain. « On produit du sens quand on regarde un déchet avec attention, qu’on le répare pour l’insérer dans une cohérence globale. »

Des circuits à l’échelle des métropoles

Le Pavillon circulaire vante les mérites de l’économie circulaire en matière de créativité architecturale. Copyright : © Pavillon de l'Arsenal

Le Pavillon circulaire vante les mérites de l’économie circulaire en matière de créativité architecturale.
Copyright : © Pavillon de l’Arsenal

Pour Nicola Delon, l’économie circulaire est aussi une façon de réinventer la démarche de l’architecte. « Le métier d’architecte est un métier en crise. On pense que l’angle du réemploi est aussi une façon de retrouver une manière différente de travailler. C’est la fin de la page blanche. C’est considérer que le matériau qu’on identifie va être un déclencheur créatif. » Le 3 janvier 2016, à l’issue de son « temps d’exposition », l’élégant Pavillon circulaire sera démonté avant d’être remonté pour servir de local à une association sportive du XIVe arrondissement de la capitale. La preuve que l’économie circulaire, dont on vante souvent les mérites à une échelle globale, peut aussi se traduire par des circuits de réemploi originaux et malins à une échelle plus locale, celle d’une ville par exemple, comme l’explique Nicola Delon : « À long terme, l’enjeu est de mettre en place des filières de réemploi de matériaux et d’imaginer des circuits à l’échelle d’une métropole comme la métropole parisienne. »

Usbek & Rica

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