Passages, la petite échelle qui change (presque) tout, et vite !

31 Mai 2016

L’Institut pour la ville en mouvement propose jusqu’au 5 juin une exposition consacrée aux passages. Deux années de travail ont été nécessaires pour définir la notion et réfléchir à tous ces espaces de transition, indispensables à une ville mobile et démocratique.

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Les voies ferrées sont, au même titre que les routes, autant de barrières dans la ville © DR

Tunnels, passerelles, passages piétons, escalators… autant de passages omniprésents en ville et trop souvent négligés. Les lieux de passage sont pourtant censés être garants d’une « liberté de mouvement sécurisée ». Comment démocratiser l’espace urbain lorsque les passages sont de moins en moins engageants ? Heureusement, des exemples récents issus du monde entier démontrent la modernisation progressive des passages grâce notamment aux objets connectés, à l’éclairage ou à la signalétique.

1001 barrières dans la ville

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Paraisopolis est une favela enclavée dans le quartier chic de Morumbi à São Paulo. On distingue les piscines sur les balcons de l’immeuble résidentiel « Paço dos Reis », le Palais des Rois. © Tuca Viera

Paris est la première étape du parcours de cette exposition à travers le monde. Un public large est invité à donner sa vision du passage sur un mur d’expression. Citoyens, associations, institutionnels ou professionnels de l’architecture et de l’urbanisme pourront découvrir des projets novateurs dans le monde entier.  Les 1001 barrières de la ville contemporaine mènent à un large espace d’exposition. Murs, sens interdits, feux de signalisation, sous-sols inquiétants, voies ferrées… autant d’obstacles à franchir et de freins à la mobilité qu’il faut adapter à notre époque. Le visiteur devient « passant » et peut découvrir sur 450 m2 les travaux menés par l’Institut de la Ville en Mouvement et tous ses différents partenaires.

Instrument de pacification sociale

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L’escalator tout en miroirs du centre commercial Tokyo Plaza à Harajuku, conçu par le designer Naoya Fujii © DR

Une histoire des passages, de l’Antiquité à nos jours, retrace leur conception autant que leur symbolique et leur impact sur la ville. À Medellin en Colombie, le Métrocâble qui relie la ville haute à la ville basse est un instrument de pacification sociale qui démontre bien l’importance d’une mobilité fluide. L’exposition dévoile les résultats des concours d’architecture lancés par l’IVM, à la lumière des références urbaines mondiales en matière de passage et des approches innovantes que l’on trouve à Barcelone, Tunis, Shanghai, Toronto ou Bogota. Au bout du compte, l’objectif de l’exposition est de « faire passage ».  Un manifeste revient sur les multiples définitions que l’on peut appliquer à cette idée, qu’il s’agisse « d’adapter, de créer, d’accompagner, d’ajouter ou de connecter ». Une revendication essentielle pour que « ces espaces de l’accessibilité qui facilitent notre vie quotidienne ne soient pas les grands oubliés des fabricants de nos villes ».

Questionner le territoire francilien

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L’Olympic Structure Park à Seattle relie la ville à son port. Il a été conçu par le cabinet d’architectes new-yorkais Weiss / Manfredi et inauguré en 2007. © Benjamin Benschneider

En marge de l’exposition, l’association Le voyage métropolitain, qui propose des parcours pédestres, organise une exploration du territoire francilien le samedi 28 mai dès 9h30. Comme le dit si bien Proust, « le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux ». Les participants partiront à la découverte « de la Seine à la Marne », de Choisy-le-Roi à Sucy-en-Brie, un « territoire marqué par l’eau, les voies ferrées et une diversité de morphologies urbaines.  Entre ponts, promenades, passerelles et sous-voies, il s’agit aussi de questionner la façon dont les différentes parties du territoire sont reliées entre elles (ou pas) ». Une restitution publique de cette expérience in-situ aura lieu à l’IVM le samedi 4 juin à 14h00.

Des petites interventions indispensables

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Un tunnel souterrain en Allemagne, un passage difficile, notamment pour les personnes âgées, en plus d’être peu accueillant © Pixabay, Manfred Antanias Zimmer

L’exposition a le mérite de prouver qu’il est possible d’amorcer des transformations à grande échelle dans les villes grâce aux petites interventions. Par exemple, le recyclage des voies ferrées comme la High Line à Manhattan ou le Tunnel of Love à Klevan en Ukraine, apporte de la poésie dans des lieux jusque là inaccessibles. La rénovation de tunnels abandonnés ou de viaducs obsolètes participe de ce même mouvement. En contre-point, Jean-Pierre Orfeuil, ingénieur des mines, docteur en statistiques et professeur d’aménagement à l’Institut d’urbanisme de Paris, pose la question de savoir si les petites interventions qui changent tout pourront un jour  « prétendre à la même visibilité médiatique qu’un tramway »…

Jusqu’au dimanche 5 juin 2016

Espace Passage du Désir (agence BETC)
85-87 Rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 Paris
Entrée libre et gratuite
Horaires d’ouverture : du lundi au dimanche (fermeture le mardi) de 14h à 20h
Visites guidées gratuites tous les jours (sauf mardi), de 18h à 20h

 

 

Usbek & Rica

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