Comment nos villes peuvent-elles s’adapter aux étudiants ?

11 Mai 2017

Le passage à la vie étudiante est un moment important dans la vie de chacun. C’est une période de transition particulière. On atteint l’âge de la majorité, on accède à un premier logement… C’est un premier pas vers l’autonomie et surtout vers les premières galères !

Pendant cette période, on vit à mille à l’heure, sans un sou ! Malgré le stress des examens et les fins de mois difficiles, rien de plus important qu’une bonne soirée avec les copains. Alors on devient le pro des bons plans ! On sait quel bar accueille des concerts sympas. On connaît le niveau d’ensoleillement de chaque terrasse en fonction de l’heure. On vit en fonction des happy hour. On sait où est le kebab le moins cher, et celui qui est ouvert en rentrant de soirée. Bref, même fauché, la vie étudiante a ses charmes !

Au sein d’une ville, les étudiants rythment et dynamisent la vie locale. Pendant longtemps, les campus universitaires ont été pensés en dehors des cœurs de ville. Or, en quarante ans, le nombre d’étudiants a été multiplié par quatre, passant de 600.000 à 2,3 millions. Rien que pour la recherche de leur logement, les étudiants ne peuvent plus se cantonner à l’espace du campus. A la précarité étudiante habituelle s’ajoute une pression sur le marché du logement mais aussi dans le secteur de l’emploi. Face à ces problématiques, la ville doit se réinventer pour attirer sa potentielle future population active. Il s’agit alors de comprendre que les étudiants pensent autrement ! Aujourd’hui, face à leur précarité croissante, les étudiants redoublent d’ingéniosité pour développer une nouvelle forme d’économie collaborative soutenue par l’usage de leurs smartphones.

caricature de la vie étudiantes sans budget

Source : Var-matin

Inventer une nouvelle forme d’habiter pour répondre aux besoins étudiants

Dans sa dernière étude sur le coût de la vie étudiante, l’Unef estimait que le loyer représentait plus de la moitié du budget des étudiants. En effet, il est de plus en plus difficile de trouver un logement à petit prix. Sur les plus de 2,3 millions d’étudiants français actuels, seuls 8% ont accès à un logement dit “étudiant”. 33% d’entre eux sont contraints de rester vivre chez leurs parents. Et pour les 59% restant, il s’agit de trouver un logement sur le marché traditionnel, où la pression est déjà élevée Pour pallier ce manque, la colocation est une réponse nécessaire, mais pas suffisante. D’autres modes d’habiter doivent être inventés pour offrir aux étudiants des espaces de vie minimum à des prix abordables.

Ces dernières années, une nouvelle forme d’habiter en communauté s’est développée. Si les étudiants vivent de plus en plus de colocation, cette solution n’est plus toujours aussi économiquement avantageuse. Dans certaines villes étudiantes, ce choix relève plus d’un mode de vie que d’une réelle économie. Dans ce cadre, les colocations intergénérationnelles ont pris de l’ampleur. Des personnes âgées ou familles acceptent d’héberger des étudiants en contrepartie d’une présence minimum dans leur vie familiale. Une nouvelle manière d’habiter qui n’en change pas pour autant la structure. Aux Pays-Bas, pour répondre au manque de logements étudiants de manière économique et rapide, des conteneurs ont été aménagés.

logement etudiants dans des conteneurs recyclés

Source : Le Figaro.fr

Depuis quelques années, certaines villes françaises comme Reims, Le Havre ou Lyon, s’en sont inspirées. Le projet est simple. D’anciens conteneurs maritimes sont aménagés et transformés en appartement. Ils offrent ainsi une surface de 24m2 pour un coût global de 330€ mensuels. Cette logique de recyclage, qui déploie une offre de logements économique et de qualité, devrait séduire d’autres villes étudiantes !

Dans cette même optique de résilience, des entreprises de gestion de biens immobiliers telles que Camelot Europe proposent des solutions innovantes. Cette structure propose de prendre en charge des biens inoccupés. Ainsi, il est possible pour des étudiants en déplacement pour un semestre ou un stage de louer un de ces biens. Cette solution innovante et économique est bénéfique pour tous : elle offre un loyer minimum au propriétaire et répond à la demande étudiante.

S’il semble évident qu’un nouveau mode d’habiter est à penser, pour adapter nos villes aux étudiants, d’autres services, tels que les transports, les prix de l’alimentaire ou l’accès à un emploi étudiant, sont à améliorer.

Déployer l’offre en services étudiants via l’atout du numérique

Les générations étudiantes actuelles et à venir sont nées avec l’outil numérique entre les mains. Une logique qui suit celle du déploiement des smart city par l’optimisation et l’économie que permet le regroupement des données. Ainsi, les plateformes et applis fleurissent pour faciliter la rencontre entre l’offre et la demande étudiante, en réduisant les coûts et les temps de recherche. Si elles existent pour la recherche de logement, elles facilitent également l’accès à d’autres services.

Dans cette même étude réalisée par l’Unef, on apprend que 50% des étudiants sont contraints de travailler en parallèle de leurs études pour s’en sortir. Certains sites comme Prostudents ou Jobbing mettent à disposition des étudiants toutes les offres de petits boulots pour arrondir les fins de mois. Garde d’enfants, vente en grande distribution ou encore garde d’animaux, ces plateformes permettent de faire gagner du temps aux étudiants en facilitant leur recherche.

Pour ce qui est du transport, Heetch a également permis aux étudiants de rentrer chez eux en toute sécurité à n’importe quelle heure de la nuit à prix réduit ! Et pour les sorties ? L’appli SnapBar vous informe des réductions en temps réels dans les bars, restaurants et clubs parisiens.

S’adapter aux nouveaux modes de vie étudiant en favorisant les échanges collaboratifs

Face à certaines formes de précarité, les étudiants ont appris à penser autrement ! Quand on n’a pas d’argent, autant échanger un service ou un bien plutôt que de se ruiner !

C’est le principe de Styx ! Cette plateforme développe un réseau étudiant qui permet le partage et l’échange de services. En s’inscrivant sur le site, chaque étudiant met à disposition ce qu’il peut échanger et “profiter de ce qu’(il) n’a pas” tout en rencontrant d’autres étudiants près de chez lui !

styx plateforme etudiantes

Source : Compte Facebook Styx Students

De plus en plus, les étudiants pensent collaboratif. Via cette logique d’économies et d’optimisation, une nouvelle forme de consommation est possible. Pour les étudiants, comme pour les universités ou les services publics, penser collaboratif c’est permettre de répondre aux défis de la mobilité, du logement ou encore de l’emploi pour les étudiants, tout en créant du lien social et en favorisant les rencontres.

A Paris, par exemple, une épicerie solidaire a été mise en place pour répondre aux besoins des étudiants touchés par la précarité. Initié à Lyon, ce concept de l’épicerie Agoraé a maintenant été développé dans plusieurs universités de France. Dans celle-ci, chaque étudiant inscrit à le droit de dépenser l’équivalent de 18€ par mois, ce qui correspond à un panier de 90€ en supermarché. Sa particularité est d’être 75% moins chère que les épiceries et grandes surfaces classiques. Pour l’organisation, les bénéficiaires ont également la possibilité de s’engager, ce qui leur permet de rencontrer d’autres étudiants dans une situation similaire.

epicerie solidaire étudiante aide alimentaire

Source : rfi

Pour le développement d’une ville adaptée aux étudiants, s’appuyer sur les pratiques collaboratives permet d’apporter des réponses innovantes, économiques et inclusives ! Un triptyque gagnant qui permet une certaine réactivité et répond à l’enjeu global du développement d’une ville durable et intelligente pour demain.

Lumières de la Ville

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