Magda Sayeg : La tricoteuse qui redonne de la chaleur aux villes du monde entier

27 Mai 2015

Magda Sayeg, un nom qui ne vous dit rien ? Si l’on vous montre quelques-unes de ses réalisations ou même celles des différents collectifs qu’elle a inspirés, votre regard s’éclaircira et vous vous souviendrez déjà avoir croisé « ce genre de choses » dans la rue.

Magda Sayeg a lancé en 2005 l'art du Yarn-bombing, du tricot urbain en français, ou encore  du « knit graffiti ».

Magda Sayeg a lancé en 2005 l’art du Yarn-bombing, du tricot urbain en français, ou encore du « knit graffiti ».

« Ce genre de choses » c’est ce qu’on appelle du Yarn-bombing, du tricot urbain en français, ou encore  du « knit graffiti » pour les intimes. Buenos-Aires, Sidney, San-Francisco ou Paris, il n’y a pas une grande ville qui ne connaît pas cet art urbain. Il envahit réverbères, panneaux de signalisation, transports, statues et tant d’autres mobiliers urbains.

Ce nouvel art, c’est Magda qui l’a lancé en 2005 à Houston aux Etats-Unis. Un beau jour, depuis son magasin de vêtements, elle décide de recouvrir la poignée de la porte d’entrée, d’une laine rose et bleue pour la rendre plus agréable au toucher. Surprise par l’enthousiasme de ses clients pour sa nouvelle création (qu’elle appelle aujourd’hui l’alpha) il lui prend alors l’envie de se dégoter une nouvelle pelote de laine pour recouvrir le panneau de stop situé au bas de la rue de son magasin.

L’engouement des passants est alors au rendez-vous. Nombreuses sont les personnes, qui s’arrêtant au panneau de signalisation, décident de descendre de leur voiture pour se prendre en photo devant le panneau emmitouflé de laine. Avec une amie, elle décide alors de recouvrir l’ensemble des panneaux de signalisation de son quartier. Et là encore c’est l’exaltation populaire. Une passion urbaine est née, Magda lance avec quelques autres tricoteuses, son collectif : Knitta please. De nombreux clichés de leurs œuvres circulent alors sur internet, et c’est l’explosion planétaire. Las d’être bien trop souvent considérés comme des ringards, les amateurs de tricot commencent à rejoindre la révolution du yarn-bombing pour en faire un véritable art de rue.

Aujourd’hui Magda Sayeg est considéré comme la prêtresse de ce nouveau mouvement. Pourtant rien ne la destinait à se lancer dans le handmade, elle qui n’avait vraiment pas grandi dans cet esprit. Lorsqu’on lui demande comment tout ceci a commencé, Magda répond en plaisantant, que c’est probablement pour compenser le désintérêt de sa mère pour toutes les activités domestiques. Aujourd’hui, connu dans le monde entier, elle tricote sur d’innombrables monuments et collabore pour de nombreuses marques qui décident de faire appel à elle pour des opérations de street-marketing : Etats-Unis, France, Italie, Australie, Mexique… Magda publie son travail sur son site et exporte son art depuis une dizaine d’années maintenant pour apporter chaleur et humour aux paysages urbains.

Mais plus qu’une seule passion personnelle, l’artiste texane a créé une véritable mode dans le monde entier. Le yarn-bombing s’est en effet développé dans de nombreux pays. C’est le cas en Angleterre, ou en France où deux collectifs sont très actifs : Knit The City et le Collectif France Tricot. Doté d’un grand pouvoir de changement sur le paysage urbain, les membres de ces différents collectifs se considèrent aujourd’hui comme des artistes urbains à part entière, au même titre que les autres street-artistes, plus enclins à utiliser la bombe de peinture pour exprimer leur art.

Aujourd’hui, Magda est plus occupée que jamais, elle a même décidé de fermer son magasin de vêtements pour s’occuper de ce nouveau œuvre à plein temps et en faire son activité première. Elle travaille avec cinq collaborateurs qui aujourd’hui sont passés à une étape supérieure : Fini les aiguilles à tricoter, le yarn-bombing est réalisé à la machine.

Quand on lui demande s’il y a un message derrière ses broderies, elle éclate de rire : “Non, je fais ça, car les gens adorent ”. Magda déroule alors ses pelotes aux quatre coins du monde et prouve une fois de plus que tout ce qui est inutile est vraiment indispensable.

Lumières de la Ville

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