Lyon Confluence, l’expérimentation au service de la ville durable 1/2

6 Nov 2017

En avril dernier, pour la deuxième édition des Prix « Le Monde » Smart Cities, le journal Le Monde récompensait sept projets européens dans les domaines de l’innovation, de l’énergie, de l’habitat, de la mobilité, de la participation citoyenne et de l’action culturelle.

Parmi les lauréats, Lyon Confluence remportait le Prix de l’innovation urbaine, notamment pour la mise en place progressive d’une plateforme numérique de services dédiés aux habitants. Fonctionnant principalement grâce à l’analyse de données, le programme autrefois intitulé Living Lab et depuis Eureka Confluence est une véritable expérimentation urbaine sur un territoire à grande échelle, au profit des villes durables.

Nous avons rencontré Maxime Valentin, Responsable Innovation et Développement Durable à la SPL Confluence, pour en savoir un peu plus sur les process innovants mis en œuvre dans le cadre de ce projet urbain remarquable, auquel participe Bouygues Immobilier.

Réouvrir la ville jusqu’à la Confluence

Situé au sud de la Presqu’île lyonnaise, le quartier Confluence a longtemps été consacré à l’industrie et aux transports. Il est d’abord et avant tout, la continuité du centre-ville lyonnais. Selon les souhaits de l’ingénieur Michel-Antoine Perrache, la cité lyonnaise devait en effet s’étendre le plus au sud pour prendre fin au confluent du Rhône et de la Saône. Et c’est notamment grâce à l’achèvement de la construction de la gare du quartier Perrache en 1857 que la Confluence devient un quartier majeur de celle que l’on surnomme encore aujourd’hui la capitale des Gaules.

Structurée autour des activités portuaires et industrielles, le quartier a longtemps été synonyme d’attractivité économique. Et pourtant, la désindustrialisation de masse aura eu raison des rêves de Michel-Antoine Perrache, puisque dans la seconde moitié du XXe siècle, les friches industrielles se multiplient dans le quartier. Si bien que la gare de Perrache devient alors un pôle à part entière sans pour autant ouvrir ses portes sur un quartier aussi attractif qu’auparavant.

C’est donc dans les années 2000 que le souhait originel de voir Lyon s’ouvrir jusqu’à la Confluence revient sur le devant de la scène. En effet, à ce moment-là, la municipalité lyonnaise prend la décision de tirer profit de cet immense espace de friches industrielles pour laisser à nouveau la ville se déployer. L’idée était alors de continuer à créer de la ville, là où elle fut un temps absente, même au moment des grandes heures industrielles de la Confluence. Créer de la ville signifiait alors réunir de nombreuses fonctions urbaines et cela passait par des projets de logements, de bureaux mais aussi de loisirs.

Et l’ambition est grande, puisque, pour le développement de la Confluence, rien ne fut trop beau. En effet, les projets urbains et architecturaux misèrent sur les grands noms de l’architecture contemporaine comme Christian de Portzamparc, Jakob et MacFarlane, ou encore Jean-Paul Viguier. Mais au-delà de la volonté politique, architecturale et médiatique, qu’est ce qui a rendu le quartier de Confluences aussi intéressant sur le plan de l’innovation urbaine ?

Confluence : Un nouveau mode de faire pour une chance territoriale à saisir

Pour Maxime Valentin, la particularité première de Confluence, c’est d’abord la géographie : « On parle de 150 hectares qui sont vraiment dans le prolongement du centre-ville de Lyon. Ces 150 hectares sont à réurbaniser, ce sont des opportunités que l’on ne retrouve pas souvent dans le cadre de projets urbains. »

Et en effet, puisqu’on a longtemps déploré notre trop grande propension à nous étaler, ici, la ville de Lyon propose de réinvestir un immense quartier en berne, pour en faire une nouvelle attractivité territoriale, une nouvelle polarité urbaine. Sur ces 150 hectares, l’objectif est de développer plus de 4 989 logements. Et en ce qui concerne la volonté de mixité fonctionnelle, elle est bien réelle puisqu’aujourd’hui ce sont déjà 15 000 emplois qui ont été créés dans le quartier, alors qu’on on en prévoit 25 000 d’ici 2025.

Et un grand territoire à réurbaniser nécessite forcément un temps beaucoup plus long que la plupart des projets urbains. Et de côté-là, l’aménageur lyonnais ne se fait pas prier, puisque c’est justement grâce à ce point précis que les innovations peuvent se produire : « Par rapport à un projet urbain quelconque on s’inscrit dans la durée. La raison est simple, c’est que le territoire est vaste et l’on ne peut pas développer 150 hectares d’un seul coup. Par conséquent, on fait de l’innovation presque en temps réel, ce qui signifie que le temps long nous permet de bien saisir les besoins des usagers actuels et futurs, de créer de l’innovation urbaine utile et de l’adapter en fonction de ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien. » En somme, une sorte de laboratoire urbain vivant “in progress”.

Et c’est justement grâce à ce temps long que la confiance peut se construire entre les acteurs de la ville pour qu’ils puissent ensemble créer des innovations urbaines utiles, les expérimenter, les ajuster et les faire évoluer afin qu’elles puissent réellement œuvrer au bien-être des habitants. Ce temps long permet donc de mettre sur pieds une nouvelle façon de concevoir la ville pour aborder l’innovation dans un partenariat public-privé tout en laissant une large place au citoyen.

Car Lyon Confluence c’est aussi l’un des projets phares développés dans le cadre de l’appel à projet « Démonstrateurs industriels pour la ville durable » (DIVD) lancé par les ministères de l’Écologie et du Logement en octobre 2015. Dédié à l’émergence de projets urbains tournés tout entier vers l’innovation, l’enjeu est de concevoir des dispositifs urbains destinés à être affichés comme la vitrine de l’excellence française en matière de ville durable.

Et c’est ainsi que dans le cadre du DIVD, Eureka Confluence mobilise des acteurs publics et privés, dont Bouygues Immobilier, sur le même projet urbain. « Une des spécificités du projet Lyon Confluence, ce sont les partenariats, soit avec des villes européennes, soit avec des industriels. Le projet Eureka Confluence c’est 14 partenaires. L’ambition c’est de savoir comment à terme, on réussit à développer de nouvelles formes d’innovation utiles pour les habitants et qui nous permettent tout autant de participer à la démarche du développement durable. Le défi, pour nous aménageurs, est de pouvoir amener de nouveaux sujets, de nouvelles problématiques aux industriels, afin qu’ils puissent y répondre de manière écologique, tout en ayant pour finalité les habitants. De notre côté, on leur donne la possibilité d’expérimenter sur un territoire donné, ces mêmes innovations. »v

Lumières de la Ville

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