Le mouvement BIMBY : au secours du périurbain !

26 Jan 2015

Diviser pour mieux urbaniser. Voilà ce qui pourrait être la devise du mouvement BIMBY, Build In My Back Yard, traduisez : construire dans mon jardin. Un moyen de densifier autrement. De faciliter l’acceptation des indispensables mutations de nos villes. C’est surtout aux zones pavillonnaires que ce mouvement s’intéresse, des zones qui concentrent aujourd’hui une grande partie des critiques liées à l’étalement urbain. Alors BIMBY peut-il venir au secours du périurbain ? Comment le designer peut-il accompagner ce procédé ?

Division parcellaire ; Crédits : Claire Arend

Le concept de division parcellaire peut-il venir au secours du périurbain ? ; Crédits : Claire Arend

BIMBY, l’art de la division

L’urbanisme des années Giscard a consacré le mythe de l’habitat pavillonnaire. Aujourd’hui la densité apparaît comme un antidote à la crise environnementale et comme un idéal pour les villes. Mais il ne s’agit pas de reproduire les erreurs de l’après-guerre en construisant des immeubles-cages-à-lapins pour pouvoir loger un maximum de monde sur un minimum de surface. L’heure de la densification douce a donc sonné. Intensifier le tissu pavillonnaire sans en modifier fondamentalement les formes urbaines, voilà peut-être la clé pour favoriser l’acceptation de ce processus. La solution serait peut-être dans la division parcellaire, en tout cas c’est ce que pensent les fondateurs du projet BIMBY. L’idée est simple : j’ai acheté un pavillon avec jardin qui correspondait à ma façon de vivre à un instant T. Les aléas de la vie (départ des enfants, séparation, veuvage, besoin d’argent…) font que je n’ai plus besoin d’autant de terrain. Pourquoi ne pas le diviser et revendre la partie inoccupée qui pourra servir à une nouvelle construction ? L’idée peut paraître saugrenue et pourtant en mars 2014 39 % des Français se disaient prêts à diviser leur jardin. Une stratégie efficace à l’heure de la pénurie de foncier et en temps de crise économique.

Des difficultés à gérer

Le programme paraît alléchant, pourtant il s’accompagne de difficultés à surmonter. Et comme bien souvent, les premières sont d’ordre législatives. Il s’agit d’anticiper les futurs PLU. Une fois la parcelle divisée et la maison construite, la zone de division (clôture), les zones de servitudes, les emplacements de stationnement restent des zones non gérées. Elles peuvent être source de désaccords s’il n’y a pas de prises de décisions communes entre voisins. Dans ces zones communes, partagées, le respect de l’intimité de chacun, l’appropriation de cet espace sont autant d’aspects qui nécessitent toute l’attention de ceux qui le conçoivent. De plus, les problématiques liées à la vie quotidienne (mobilité, accès aux services, etc.) ne sont pas réglées si l’habitat est remplacé par un nouvel habitat.

Design et BIMBY : deux regards complémentaires

Claire Arend, étudiante en cinquième année à l’Ecole de Design Nantes Atlantique, s’intéresse aux opportunités offertes par la densification douce et la division parcellaire. Pour Claire, « il faut travailler à l’amélioration de ces territoires périurbains pour les transformer en lieux de vie à part entière, ouverts et autonomes. Le problème est également à prendre en amont de la densification, ce n’est pas juste l’habitation qu’il faut densifier mais les fonctions, les échanges et les liens qu’il faut créer, améliorer et accompagner ». En tant que designer, elle cherche à « jouer un rôle de révélateur de potentiel du milieu périurbain et proposer un projet qui aille dans le sens des usagers, facilitant leur vie au quotidien tout en respectant les principes de la ville durable ».

Amélioration territoire ; Crédits : Claire Arend

Utiliser la division parcellaire pour améliorer ces territoires en les transformant en lieux de vie, voilà le projet de Claire Arend ; Crédits : Claire Arend

De toute évidence, le principe de BIMBY offre de grandes opportunités. La France dispose d’un parc de 19 millions de maisons individuelles. Si chaque année le propriétaire d’une maison sur 100 décidait de diviser son terrain pour le valoriser comme terrain à bâtir, ce sont quelques 200 000 terrains qui pourraient voir le jour sans engendrer aucun étalement urbain. Alors, prêts à revoir vos tables de division ?

Par Claire Arend, étudiante en 5ème année à l’Ecole de Design Nantes Atlantique option Mutations du cadre bâti, et Zélia Darnault, enseignante

L'École de design Nantes Atlantique

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