La ville r(el)ationnelle – Utopies urbaines 5/7

22 Sep 2014

L’exercice est convenu : « dessine-moi une ville verte ». Les étudiants du Design Lab Ville Durable de l’Ecole de Design Nantes Atlantique, encadrés par Clémentine Laurent-Polz, architecte, se sont prêtés au jeu de la confrontation des imaginaires en partant d’une donnée : les changements des modes de production agricole.

La ville r(el)ationnelle - Carole Kim Tiam, Camille de Langenhagen, Claire Le Floch, Camille Ollivier

La ville r(el)ationnelle – Carole Kim Tiam, Camille de Langenhagen, Claire Le Floch, Camille Ollivier

Et si en 2050… Penser l’après pollution

Nous sommes dans une ville à la forme étalée située dans une vaste zone rendue peu fertile par des années de pollution des sols. Il faut faire face à une demande en approvisionnement alimentaire grandissante et inventer de nouveaux circuits de distribution à partir de territoires toujours plus éloignés. Quelle stratégie adopter ? Comment réinventer nos modèles ? C’est à ces questions que se sont frottées Carole Kim Tiam, Camille de Langenhagen, Claire Le Floch et Camille Ollivier, toutes étudiantes en quatrième année à l’Ecole de Design Nantes Atlantique, pour nous proposer leur vision : une ville r(el)ationnelle.

Préserver les zones agricoles, revaloriser les zones polluées

Pour ce groupe d’étudiantes, les sols de la ville sont devenus peu fertiles suite à des épisodes de pollution à répétition. Il faut donc repousser plus loin la zone agricole mais également la protéger pour qu’elle ne subisse pas le même sort que sa voisine urbaine. « Pour nous, il faut sécuriser la gestion de cette zone afin de préserver les ressources des sols », explique Carole Kim Tiam. « Nous l’avons donc divisée en parcelles alternant culture, élevage et jachère pour une agriculture durable ». Et quid de la zone polluée ? « Nous avons choisi de la revaloriser grâce à un programme de phyto-dépollution ». « Pour nous, si la ville n’est pas autonome en matière de production agricole il fallait qu’elle le soit pour ce qui est de son approvisionnement en eau », ajoute Claire Le Floch. « C’est pourquoi nous avons pensé un cycle de l’eau en circuit fermé grâce à un système de récupération et de filtrage performant capable de subvenir à tous les besoins hydrauliques de la ville ». Et en plus de subvenir aux besoins de la population, le système est source d’énergie et un réservoir de biodiversité. C’est aussi pour lutter pour une plus grande indépendance de la ville que certains habitants se sont tournés vers l’autosuffisance en créant leurs propres jardins au cœur de ville. L’occasion également de perpétuer le rapport homme/nature même dans une zone urbaine polluée.

Une ville verticale où les mobilités douces sont privilégiées

C’est en hauteur que ces étudiantes ont choisi de développer la nouvelle ville afin de pouvoir densifier au mieux le cœur de ville. « Nous avons voulu que ces constructions neuves s’accordent avec le patrimoine ancien, c’est-à-dire avec l’identité de la ville», insiste Camille Ollivier. Une manière aussi de libérer l’espace au sol pour favoriser les circulations piétonnes. Question mobilité, c’est également la hauteur qui a été privilégiée. « Nous avons pensé un grand système de transport sur rails », explique Camille de Langenhagen. « Il sert au transport de personnes mais aussi à celui des marchandises qui doivent être acheminées vers la ville. C’est ce moyen que nous avons choisi pour le transport des denrées agricoles : elles transitent jusqu’à une zone industrielle, puis de la zone industrielle vers la ville ». Et comme avec ce système l’ancien axe routier ne sert plus, celui-ci a été reconverti en une vaste zone industrielle, lieu de transit des marchandises mais aussi terrain abritant de nouvelles infrastructures autour du développement durable. Parce que dans ce monde de l’après pollution, c’est bien l’écologie et le développement durable qui seront au cœur de l’économie.

La ville r(el)ationnelle avec légendes - Carole Kim Tiam, Camille de Langenhagen, Claire Le Floch, Camille Ollivier

La ville r(el)ationnelle avec légendes – Carole Kim Tiam, Camille de Langenhagen, Claire Le Floch, Camille Ollivier

Et si l’approvisionnement des villes en nourriture façonnait nos territoires demain ? Ces utopies, ou parfois contre-utopies, sont le moyen de réinterroger l’économie et le rapport du citoyen au territoire au travers du design urbain. Une saga en 7 volets.

Par Zélia Darnault, enseignante

L'École de design Nantes Atlantique

Réagissez sur le sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiéeTous les Champs sont obligatoires

 

articles sur le même thème


Connexion
Inscription
  • Vous avez déjà un compte identifiez-vous
  • Mot de passe oublié ?
  • Vous n'avez pas de compte, créez le ici
  • * Champs obligatoires
  • Max 200ko / Min 100x100px
    choisir