Hongkong, vivre avec densité

12 Sep 2014

Hongkong est le symbole de la ville dense. Son contexte historique, plaçant la ville dans une enclave l’a forcée à construire les quartiers les plus épais du monde. Habiter à Hongkong est souvent synonyme d’espaces petits et étroits, mais la ville n’est pas étouffante pour autant, un urbanisme et un mode de vie particuliers s’y sont développés.

Hongkong, un paysage dessiné par des centaines de verticales qui surgissent le long de la côte - crédits Antoine Dubois

Hongkong, un paysage dessiné par des centaines de verticales qui surgissent le long de la côte – crédits Antoine Dubois

Nous entrons à Hongkong après le calme reposant du Fujian, c’est une ville beaucoup plus électrisante qui nous attend. De nuit, les rues regorgent de monde, les enseignes lumineuses nous éblouissent presque, nous avons l’impression que toute la ville est descendue sur les avenues. La densité est le mot que nous attendions ici. Pour l’illustrer nous choisissons de loger au Chungking Mansions, le nom d’un célèbre immeuble où se côtoient plus de 80 hôtels et auberges. La chambre, que nous partagions à trois, devait faire près de 5 mètres carrés, en comprenant la salle d’eau. Un socle de trois niveaux accueille des magasins : de petites échoppes bricolées sur les mêmes surfaces étroites. C’est un monde cosmopolite, parfois un peu sombre, qui y habite, mais c’est cette foule de gens qui offre à l’endroit toute sa chaleur. Il en ressort une vie pleine de couleurs et d’épices qui contraste avec le triste gris des six tours qui dominent le socle du bâtiment et abritent les innombrables chambres.

La densité urbaine est un sujet qui fait parler de lui à Hongkong. Dès le début de nos investigations, nous commençons par le département d’architecture de l’université de la ville, nous rencontrons des architectes et enseignants qui proposaient cette année de travailler à ce propos. Les très belles maquettes des étudiants inspirent toujours, nous restons admirateurs devant leurs travaux.

Depuis le sol, certaines façades restent muettes et ne répètent que le même dessin sur des dizaines d'étages  - crédits Antoine Dubois

Depuis le sol, certaines façades restent muettes et ne répètent que le même dessin sur des dizaines d’étages – crédits Antoine Dubois

La tour est la forme architecturale qui répond typiquement aux espaces concentrés et restreints des villes. Le paysage urbain qui se dresse devant nos yeux et autour de nous est composé presque seulement de ces grandes verticales, percées de centaines de fenêtres. Nous nous promenons dans le quartier de Taikoo où c’est la multiplication et la répétition de quelques modèles de tours qui ont construit le quartier comme dans d’autres endroits de la ville. Par hasard nous rencontrons une dame d’une cinquantaine d’année qui, séduite par notre projet, nous emmène chez elle au quatorzième étage. Elle a encore de nombreux voisins au dessus de son appartement. A l’intérieur les espaces sont inévitablement réduits mais ce qui marque le plus c’est la hauteur sous plafond, elle aussi s’est retrouvée à son minimum. Les étages se tassent afin d’augmenter le rendement par parcelle construite et de multiplier les appartements. Il n’y a pas d’espace extérieur, ils sont seulement réservés aux logements de très haut standing. Par contre la ville a construit d’autres lieux de vie où les gens sortent, les cours d’immeubles sont toujours occupées. L’habitante nous raconte que pour recevoir, ou diner en famille c’est en ville et au restaurant qu’ils se rendent. Le logement est limité à ses vocations premières : on y dort et s’y repose.

Depuis les toits, la répétition des immeubles en quartiers entiers a dessiné le paysage urbain de la ville - crédits Antoine Dubois

Depuis les toits, la répétition des immeubles en quartiers entiers a dessiné le paysage urbain de la ville – crédits Antoine Dubois

Une surface de logement réduite oblige les architectes à se poser plus de questions, certains se posent les bonnes. Comme à l’agence de Gary Chang, où nous avons pu rencontrer ses jeunes architectes. Gary Chang s’est fait connaître par un premier appartement qu’il a complètement réaménagé. C’est la flexibilité qui a guidé son travail. Moins d’espace signifie pour lui plus d‘efficacité : les murs deviennent plus épais, mais abritent un mobilier qui se déploie puis se range. Certaines parties deviennent les cloisons d’un espace qui ne sert qu’un instant dans une journée, comme la cuisine ou la salle d’eau. De fait, il arrive à préserver une grande surface qui permet plus de vie et peut être plus de confort parce que plus d’espace libre et plus de lumière.

L’avenir du logement se dessine donc peut être dans l’hyperdensité. La démographie mondiale ne cessant de croitre, et particulièrement en ville où tout se concentre, l’habitat change ou devra changer tout en restant humain.

Liens :

– http://www.youtube.com/watch?v=DQM7a5Yjp9g

– www.edgedesign.com.hk/

 

Architecture by Road

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