Edouard Philippe, député-maire du Havre : « La résilience est le produit d’une nécessité »

20 Oct 2016

Détruite en grande partie lors de la Seconde Guerre mondiale puis soumise à la concurrence mondiale des autres ports et à la désindustrialisation, la ville du Havre a subi de nombreuses épreuves au fil de son histoire, mais elle a toujours su rebondir. Dans le cadre de l’édition « Réver(cités), villes recyclables et résilientes » de l’Observatoire de la Ville, Edouard Philippe, député-maire du Havre, évoque la capacité de résilience de cette cité et de ses habitants.

projets bassins Havre libérés

Dans les bassins du Havre libérés, les projets se succèdent : Docks Café (1998), Docks Océane (2000), inscription des quartiers Perret au patrimoine mondial de l’Unesco (2005), Docks Vauban (2009), stade Océane (2012). Ici, l’ENSM de l’agence AIA (2015). © Luc Boegly

« Le Havre est l’exemple-même d’une ville qui a réussi à repartir de zéro. En septembre 1944, Le Havre a reçu en deux jours plus de bombes que Londres pendant le Blitz. La ville a été rasée à 85%. La reconstruction a été lente, conçue selon un plan d’ensemble, et n’a pas laissé de place au hasard. Le Havre a été un chantier de 1944 au début des années 1960, un traumatisme pour les habitants.

A partir des années 1980, les transformations économiques ont conduit la ville à s’adapter à une nouvelle réalité. Sous l’effet du choc pétrolier et de la désindustrialisation, le taux de chômage a dépassé la moyenne nationale. La ville s’est adaptée en imaginant de nouvelles activités économiques (tourisme, courtage en assurance lié aux activités portuaires, etc). »

Une reconstruction subie devenue un atout

« La résilience est le produit d’une nécessité : on est résilient pour ne pas mourir. Au Havre, les transformations ont été la conséquence d’événements extérieurs subis et traumatisants. La résilience a été subie et elle n’a été pensée comme une qualité que longtemps après.

Longtemps, certains habitants n’ont pas apprécié l’architecture de Perret et, plus tard, de Niemeyer. Désormais, on peut parler de résilience parce que les Havrais se sont réapproprié leur ville, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005. La reconstruction, peu appréciée au départ, est devenue un avantage. La résilience, c’est la capacité à encaisser les coups et à continuer à avancer. Les Havrais ont cette persévérance et cette culture du travail qui finit toujours par payer.

Aujourd’hui, la ville continue à se transformer. Le déplacement du port vers le sud, en délaissant des zones industrielles, nous permet de développer de nouveaux quartiers. Nous avons également lancé des projets comme la résidence Shadok, construite à partir de conteneurs recyclés et entièrement déplaçable. Enfin, nous avons initié des démarches participatives lors du renouvellement du quartier Danton. Ce quartier, central mais enclavé, était vieillissant et sous-équipé. Pour ce projet, nous sommes allés au-delà de la concertation : à partir de quelques « règles du jeu », nous avons donné carte blanche à la population. 100 à 200 habitants ont ainsi conçu le quartier, en lien avec des architectes, économistes de la construction, urbanistes, etc. Le résultat a dépassé nos espérances : le plan a été adopté à l’unanimité du conseil municipal et les opérations, fidèles aux souhaits des habitants, commencent actuellement. »

 

Propos recueillis par Fabienne Bouloc, Arnaud Beaudou et Alain Bourdin

Demain la Ville

Réagissez sur le sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiéeTous les Champs sont obligatoires

 

articles sur le même thème


Connexion
Inscription
  • Vous avez déjà un compte identifiez-vous
  • Mot de passe oublié ?
  • Vous n'avez pas de compte, créez le ici
  • * Champs obligatoires
  • Max 200ko / Min 100x100px
    choisir