Des laboratoires vivants pour la ville du futur

21 Mai 2014

Depuis quelques mois, les médias ne jurent plus que par les fablabs et les hackerspaces. En revanche, on entend moins parler des living labs, organismes hybrides qui permettent de tester les nouveaux usages et services de la ville numérique.

Le concept de living lab a le vent en poupe. Ici, à Taïwan, à l'occasion de la « III ideas week ».  Copyright : Rico Shen / Wikimedia

Le concept de living lab a le vent en poupe. Ici, à Taïwan, à l’occasion de la « III ideas week ». Copyright : Rico Shen / Wikimedia

En 2006, la Finlande a profité de sa présidence de l’Union européenne pour lancer sur le Vieux Continent le projet Living Labs Europe. Objectif : fédérer les initiatives locales en matière de technologies de l’information et de la communication dans des sortes de « laboratoires vivants » regroupant des acteurs de différents horizons (privé, public, recherche, société civile…). À l’époque, l’initiative finlandaise est passée presque inaperçue. Mais l’accélération de la révolution numérique a permis de développer ces structures originales, qui testent « grandeur nature » de nouveaux outils et services destinés, dans une large mesure, à rendre la vie urbaine plus pratique, plus agréable, plus confortable. L’engouement est tel qu’aujourd’hui, ce sont plusieurs dizaines de living labs qui voient le jour chaque mois.

Réunion de travail au Transmedia Living Lab de Madrid.  Copyright : Espacio Camon / Flickr

Réunion de travail au Transmedia Living Lab de Madrid. Copyright : Espacio Camon / Flickr

Co-création et open innovation

La composition et les attributions de ces living labs sont souvent difficiles à décrypter, ce qui explique le déficit de notoriété dont souffrent ces structures par rapport aux fablabs et aux hackerspaces, plus spectaculaires et donc plus médiatiques. Pourtant, ils jouent un rôle essentiel dans l’émergence de la co-création et de l’open innovation (innovation ouverte), notamment en contribuant à l’implication directe des citoyens dans l’élaboration et l’expérimentation de solutions numériques en milieu urbain. En brassant les regards et les savoir-faire, les living labs permettent ainsi de faire sortir la recherche des laboratoires scientifiques pour la diffuser dans la vie quotidienne. Et la ville se transforme, jour après jour, en un immense territoire propice à toutes les expériences. La preuve à travers les exemples de trois living labs français emblématiques.

Le Silicon Xperience

Créé en 2006 à l’initiative de Silicon Sentier, qui rassemble plus de 180 entreprises du numérique et de l’informatique en Ile-de-France, Quartier Numérique a été le premier living lab parisien à obtenir la fameuse certification Enoll (Europen network of living labs). Jusqu’en 2009, une cinquantaine de services d’Internet sans fil ont été testés dans le cadre de cette plate-forme. Aujourd’hui, suite à la réorganisation de Silicon Sentier en plusieurs branches, les expérimentations in vivo de nouvelles idées et de prototypes autour des usages numériques se font dans le cadre de Silicon Xperience (SX). Pour mener à bien ces projets, le « laboratoire des usages de Silicon Sentier » a mis au point une méthodologie rigoureuse, fondée sur toute une série de techniques d’expérimentations et s’appuyant sur un réseau de testeurs (« échantillonnage », « think aloud », « observation participante », « jeu de rôle avocat du diable », « memory sketching »…). Parmi les expérimentations déjà menées avec succès : Menu resto, une appli permettant de découvrir les promotions et les plats du jour des restaurants à proximité de son lieu de travail ; ou bien encore Archiref, une application destinée aux architectes qui leur permet de partager leurs meilleures réalisations.

Découvrez tous les projets de Silicon Xperience

L’Urban Living Lab de Versailles et Saint-Quentin-en-Yvelines

Hébergé par la fondation Fondaterra, l’Urban Living Lab de Versailles et Saint-Quentin-en-Yvelines fédère des universités, des pépinières d’entreprises, des instituts de recherche (Inra, Institut Pierre Simon Laplace…), des partenaires industriels (GDF Suez, Alstom…) et des associations. Il s’est fixé comme objectif de faire évoluer ces deux villes vers un statut de « smart cities bas carbone ». Pour y parvenir, il soutient des initiatives dans des domaines comme l’efficacité énergétique, la mobilité, l’alimentation ou la formation. Parmi les nombreux projets initiés : Smart Campus, lancé en janvier 2012. Doté d’un budget de près de 4 millions d’euros, ce projet doit permettre la conception de deux démonstrateurs de smart grids, l’un en France et l’autre en Belgique. Concrètement, il s’agit d’installer une flotte de véhicules électriques en autopartage pour les usagers de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. L’Urban Living Lab a également permis d’éditer des outils numériques, notamment une plate-forme web d’auto-évaluation pour les universités désireuses de porter un projet de développement durable (www.evaddes.com). À plus long terme, l’objectif de « l’UrbanLL » est de jouer un rôle majeur dans la création d’un « cluster technologique et scientifique de rang mondial » sur le plateau de Saclay, un territoire sur lequel se concentrent déjà 47 000 étudiants, mais aussi environ 10% des effectifs de chercheurs des secteurs public et privé.

Pour découvrir les activités de l’Urban Living Lab

Le Discovery Innovation Lab (DIL)

« Innover autrement, co-créer rapidement, fabriquer le futur ! » Telle est la devise du Discovery Innovation Lab, un organisme né en octobre 2013 du rapprochement entre l’école informatique Epitech, le hub d’innovation Creative Valley et le think tank La Fabrique du Futur. D’ailleurs, le « DIL » se décrit non pas comme un think tank mais comme un do tank, « un dispositif global d’accompagnement de l’innovation, permettant de passer de l’idée au marché », explique Eric Seulliet, directeur de La Fabrique du Futur. Le DIL s’adresse ainsi à tous les porteurs de projets innovants, qu’il s’agisse d’entreprises, de citoyens ou de collectivités locales. Sa méthode de travail consiste en trois étapes distinctes : le prototypage des nouveaux concepts, l’expérimentation par les usagers, et enfin la confection de produits à la fois « fiables, viables et désirables ». Le DIL propose également, dans un second temps, d’aider les porteurs de projets à « mettre sur le marché » leurs produits. L’idée, à terme, est de « faire émerger un écosystème d’entreprises innovantes autour de l’école Epitech », explique un responsable de la Creative Valley. Installé au Kremlin-Bicêtre, le DIL est déjà détenteur du label européen décerné par le European network of living labs (Enoll).

Pour découvrir le Discovery Innovation Lab et le site de l’association French Living Labs

Usbek & Rica

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