Les braderies et vide-greniers font rayonner les villes

27 Sep 2016

Quoi que vous ayez fait le premier week-end de septembre 2016, on devine aisément que vous n’étiez pas en train de chiner casseroles poussiéreuses et vieux bouquins sur les stands de la braderie de Lille. Pour la première fois en plus de 70 ans, le plus grand vide-grenier d’Europe a en effet été annulé pour des raisons de sécurité. Au grand dam de ses 10 000 exposants attendus, des commerçants locaux – cafés et restaurants y assurent généralement entre 10 et 30 % de leur chiffre d’affaire annuel – et des chalands en quête de bonnes affaires…

Si cette histoire est manifestement regrettable, elle nous rappelle que la sauvegarde dans toute la France de ces marchés éphémères (petits et grands) témoigne d’une culture de l’occasion incontournable et ancienne. Petit point sur ces événements commerciaux qui animent les rues jusqu’au crépuscule !

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Braderie d’Enghien, 2011 – Crédits bDom artiste sur Flickr

La ville passe la seconde… main

Braderies, vide-greniers, marchés aux puces incarnent des rassemblements populaires généralement ancrés dans une tradition locale séculaire. La naissance des manifestations les plus importantes (Lille, la braderie du Canal Saint-Martin à Rennes, la grande “réderie” d’Amiens, etc.) date au plus tôt des années 1960, voire découle de lointaines foires médiévales. Si elles n’ont rien de nouveau, les institutions en plein air proposant des prix défiant toute concurrence représentent en revanche une coutume persistante et pérenne car proprement inépuisable.

Surtout, si la plupart d’entre eux ont été créés dans un contexte de révolution culturelle post-guerres, ces rassemblements ne sont pas pour autant obsolètes, bien au contraire ! La démocratisation relativement récente d’une certaine conscience écologique et économique n’a fait que relancer ce type d’initiatives. Ainsi, on ne compte plus les vide-dressings entre amis (notamment depuis l’émergence des réseaux sociaux) et autres bourses de puériculture qui fleurissent ici et là chaque weekend…

Comme au Japon où la culture de l’occasion est profondément ancrée dans le système commercial national – on espère que le recyclage des objets du quotidien, vêtements, véhicules, électronique, jeux vidéo etc. a de beaux jours devant lui sur l’ensemble du territoire français. On vous proposera d’ailleurs prochainement un article sur l’occasion comme levier pour redynamiser les centre-villes des bourgades moyennes…

 

Le marketing territorial en bric, brac, broc’, troc et puces

En France, toutes les échelles de municipalités possèdent presque imparablement leurs vides-greniers, foires à tout et autres braderies organisés annuellement, bi-annuellement ou plus fréquemment encore.

Depuis un certain temps, elles font même partie des types d’événements en vogue que les marques, associations, ONG, médias, entreprises ou institutions en tous genres se plaisent à orchestrer pour rassembler, faire participer et fidéliser leurs communautés respectives… Appartenant à une certaine coutume de l’informel, ces événements sont en effet assez peu gourmands en ressources et infrastructures pour leur mise en place. Dès lors, ils représentent un instrument peu coûteux pour mettre en valeur les agglomérations ou institutions de toutes tailles, et rassemblant tous les types de populations. Pour exemple :

“La 4e édition de la braderie d’été au Nailloux Outlet Village a rencontré un franc succès et devient un rendez-vous incontournable de l’été auprès des clients venus en nombre pour réaliser un maximum de bonnes affaires. Les soins du corps, les accessoires et la mode famille ont en particulier enregistré des performances notables auprès des dizaines de milliers de visiteurs de la semaine.

Ainsi, le trafic à l’entrée du village a connu une progression de 37 %. Le chiffre d’affaires s’est affiché à + 42 % (ouverture dominicale comprise) et équivaut à une troisième semaine de soldes d’été. Les trois jours de la braderie ont représenté 71 % du chiffre d’affaires de la semaine.

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On se sépare du superflu et on fait des clients heureux sans se ruiner ! – Crédits Cellule Communication sur Flickr

 

Bien souvent, la vente d’objets en tous genres par les habitants s’accompagne d’animations encadrées par les municipalités, associations, comités de quartier ou autres institutions, de quoi dynamiser les territoires le temps d’un weekend ensoleillé ! Dans les braderies les plus importantes, les services éphémères vont même au-delà de l’incontournable buvette.  Pour ne citer que les plus évidents, que serait la grande braderie de Lille sans ses moules-frites fumantes et son semi-marathon d’ouverture ? D’autres communes choisissent de leur côté de jouer la carte solidaire en reversant pécule gagné ou objets spécifiques aux personnes dans le besoin… Quel que soit le prisme choisi localement, les vertus de ces événements pour faire fleurir l’attractivité des villes et villages n’est donc plus à prouver ! On pressent donc que cette tradition événementielle est promise à un bel avenir, bien que l’annulation de la braderie de Lille 2016 esquisse probablement un tournant pour la suite… Ainsi, comme l’exprimait le président de l’UMIH (Union des métiers et industries de l’hôtellerie) des Hauts-de-France, Thierry Grégoire :

« La France est en état d’urgence depuis longtemps, un format nouveau de la braderie aurait pu être inventé pour cette édition, alors que Mme Aubry et M. Lalande ont affirmé qu’ils allaient « repenser le modèle » pour 2017. »

 

Pour aller plus loin :

[pop-up] urbain

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